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CrokEnJeu #6 – Wanda

CrokEnJeu #6 – Wanda

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Bonjour, chèr(e) réceptrice(teur) avide !

Aujourd’hui, on va parler un peu de Shadow of the Colossus…

Shadow of the Colossus, c’est Excalibur dans la main du petit tailleur : un maniement précis et délicat de l’épique et du légendaire.
Et l’histoire commence d’ailleurs ainsi, avant même la sortie du jeu en 2005, par la diffusion de vidéos « mystères » sur le net, qui relatent la découverte de restes de colosses à différents point du globe.


UFO CRASH SIBERIE par UFO75

Puis le jeu sort.
Les joueurs jouent.
Et les ombres des colosses se projètent ça et là, troublant les pistes entre ce que l’on sait et ce que l’on croit.
Le joueurs qui aime chevaucher Agro apprend que les lézards à queues blanches augmentent le « grip » (capacité à s’accrocher, à nager sous l’eau ou à bander son arc) et que les fruits accroissent la vie.
Il apprend qu’un jardin est caché, mais qu’il se mérite, puisqu’il faut terminer 2/3 fois le jeu en bouffant du lézard pour grimper assez longtemps.
Il apprend qu’il y a un 17ème colosse. Puis il apprend que non, en fait, c’est des conneries.
Il apprend aussi que même avec le parachute, il ne peut pas descendre dans le ravin pour aller voir le joli coin là-bas avec des arbres et des cascades.

Et s’il apprend tout ça, c’est qu’il adore arpenter cette carte grande comme Tokyo, à la recherche de colosses maints fois vaincus.

Shadow ne se joue pas qu’une fois.
Mais Shadow ne se joue jamais plus comme la première fois.

Le premier réveil de colosse et sa première mort, la première entrée dans la foret ou dans le desert, la première sortie du temple ou entrée de ruines… …rien ne sera plus jamais comme avant.

Si tu l’as joué aussi, tu sais de quoi je parle. Si non, tu sais ce qu’il te reste à faire.

Oxyd

Comme de coutume, j’ai invité un joueur pour nous en parler, je laisse donc Pianitza écrire son Shadow of the Colossus…

> Shadow of the Colossus
> par Pianitza

Comment un Nerd peut-il se sentir autant à son aise quand sur le dos d’Agro il étale mille galops sur les terres interdites ?

C’est son espace gargouillé de silences. Son intime qui, sous des mouvements colossaux, trouve parfois quelques murmures échevelés. Des pierres angulaires, à l’envers des contrariétés que l’IRL a à lui offrir. Une bulle au-dessus du quotidien. Des combats insensés.

Sa vie entière il espère qu’un colosse ou deux veuille bien le cueillir, l’enlever à ses responsabilités, ses à-côtés ; ce qu’il expire allègrement.

Réveiller Mono, cette belle princesse… surement qu’il le faudrait. Vivre, mais pour quoi ? A côté des pas lourds, il y a cet éden, cette jeune femme. Ce réconfort, c’est tout ce qu’un Nerd requiert, ce que Wander requiert. La vérité est ainsi faîte. Le pic de l’orgasme, solitaire, c’est le court de cette apogée, ce qui roule vers son éveil, à elle. L’après, un retour au plat, un dessin sans profondeur, trop net et trop coloré. L’en-dehors de l’interdit. On se comprendra nous-même…

Le vide est entre ces contrées, en marge des fondations et des choses. Tout semble s’être égaré en ces lieux cendrés, lourds de chaleur. Vous et Wander affrontez vos allégories difformes et muettes. Chaque colosse est une représentation de vos désirs, jusqu’aux plus refoulés.

On pense quand même au score, même s’il n’y a pas lieu d’y penser. Il serait préférable de faire tomber les colosses en prenant son temps, d’écarter l’idée de vitesse pour mieux se perdre dans leur lenteur. Ces entités voudraient souffrir de votre courroux, mais en douceur. Ne les pressez pas comme si vous aviez à faire à un vulgaire ennemi. Détruisez-les en prenant votre temps, appréciez-les. Un par jour seulement, tout Nerd que vous êtes. Après tout, ne faîtes-vous pas qu’un centième de leur taille ?

Ces géants vous tuent pour votre bien. Ils savent que vous pouvez recommencer autant que vous le voulez. Ils s’amourachent de votre existence ; touchant petit Wander qui ne cherche qu’à redonner couleur à sa belle. Le teint d’une existence au goût d’un vert pâle, glacial et chaleureux à la fois. De belles couleurs.

Vous la combattez, la médiocrité, quand Agro veut bien vous accompagner plus loin que les terres interdites. Si seulement la musique épique des ténèbres pouvait vous tenir la main dans chacun des épisodes de votre existence, alors sans doute que vous encaisseriez les coups mieux qu’à l’habituelle. Vous cesseriez de courir d’une princesse à l’autre. Vous ne penseriez plus qu’au moment présent. C’est l’accent circonflexe sur la vie, ces combats épiques. Un dépassement des frontières de l’imaginaire, une Médaille qui s’échappe. L’IRL l’ignore.

S’endormir entre deux remous, sous les cliquetis des longues armures, il le faudrait… Mourir avant la fin, avant l’éveil de la princesse, juste avant, il le faudrait…

Bien et mal ne font plus qu’un. La jeunesse de Wander est un mal, l’impureté de Dormin en est un autre. Il fait couler du sable chaud, Dormin, entre vous et votre éther virginal. Il est votre gourou en même temps que votre sauveur. En plein dans les abîmes de l’éternel, il vous précipite, avec vos gros jouets.

Dans le vide, vous et votre machine nagez vers le graal en vous cachant derrière des colonnes. Vous décochez avec hargne des flèches qui hésitent. Et quand vous escaladez le dos d’un géant, l’impression de gravir les épaules d’un père vient à vous. Vous allez bientôt l’achever, d’un coup d’épée bien placé… en plein dans la cible, au centre… et une peine se bloquera en travers de votre gorge, quand il tombera, ce corps… Il tombera 16 fois. Un de vos pères s’écroule et vous pleurez en sourdine, à chaque fois.

Quand vous trouverez les bras de la princesse, cette autre, vous saurez alors ce qui vous attend, dehors. Vous l’abandonnerez à la mémoire de la carte, la carte mémoire, et vous en retournerez à vos obligations, vos amis. On ne comprendra qu’à moitié le pourquoi de cette frénésie.

Vous êtes Wander, tout petit face aux autres. Gardez vos combats imaginaires au fond du cœur ; tout cela n’est qu’un jeu, une fiction. Dîtes le contraire, on vous rira au nez. Ce sont vos fibres qui ont aimé ces colosses, qui les ont allongés sur le sol. C’est enfoui en vous. La normalité, elle, vous demandera d’aller vous trouver un sexe. Ne l’écoutez qu’à moitié.

Profitez simplement de l’avant et de l’après Shadow of the colossus, seul, dans un silence. Le bruit des hommes gâcherait la symphonie.

« Seul dans ma grotte, je dors. J’ai laissé une vie sur l’autel. J’attends qu’un guerrier veuille bien m’abattre, un héros qui a besoin de moi. »
Un colosse

PIANITZA
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!!! LES ILLUSTRATIONS DES CEJ PEUVENT ÊTRES IMPRIMÉES SUR ALU OU TOILE, SIGNÉES ET LIVRÉES CHEZ VOUS SUR COMMANDE (> oxydcygo@gmail.com ) AVIS AUX AMATEURS ET TRICES !^^

Si vous avez une âme et une main de dessineux, ou si vous avez juste envie d’en parler, je vous invite également à venir faire un tour sur le nesforum où j’ai ouvert un petit sujet > LE SALON DES GRIBOUILLARDS

 
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Commentaires (11)

  1. GeRaRa mercredi - 29 / 05 / 2013 Répondre

    quel est logiciel utilisé???

    • Oxyd mercredi - 29 / 05 / 2013 Répondre

      bonjour

      • Le Ouistiti vendredi - 31 / 05 / 2013 Répondre

        Vraiment sympa, mais je reste avant tout admiratif de ton boulot sur Illustrator pour Quote, c’est probablement celui qui m’a le plus intéressé.
        Les phases de Pathfinder sont vraiment chiantes pour qui découvre le vectoriel, et s’amuser comme tu le fais à maîtriser ombres et lumières de cette façon, bravo quoi.

        Perso, je gère mes rendus presqu’uniquement sur Illustrator (pas de speed painting hein, je suis designer donc c’est pour du rendu d’objets divers et variés), et je joue beaucoup des surcouches de calques avec variations d’opacité et flous divers. Par exemple pour donner de la transparence au verre, je n’ai pas trouvé de meilleure technique sur AI mais je suis convaincu que je pourrais obtenir l’équivalent sur Photoshop en nettement mieux qui plus est.

        Problème, je n’ai jamais pu concevoir Photoshop que comme un retoucheur de photos (je sais je sais… nan mais allo quoi…), alors je reste accroché à mon Illustrator comme une moule à son rocher, avec l’espoir qu’un jour je me mette franchement à découvrir les milles et une vertus des rendus Photoshop 😉
        Tes illustrations me motivent en ce sens en tout cas, encore bravo !

        • Oxyd dimanche - 02 / 06 / 2013 Répondre

          merci à toi ! aaaah le pathfinder, ton ennemi tant que tu ne l’as pas dompté… ensuite, le meilleur des amis 🙂 Alors ok, je note la demande (d’ailleurs, le crok #10 sera spécial et sous illustrator) !

  2. Quizzman mercredi - 29 / 05 / 2013 Répondre

    Très joli !

    Petite question: Pourquoi s’embêter à détourer la tache ? Un bête jeu de calques ne suffit-il pas ?

    • Oxyd mercredi - 29 / 05 / 2013 Répondre

      ça pourrait en effet ! mais là, j’ai des transparences sur les calques, du coup on verrait un peu la tache au travers.

      • Oxyd mercredi - 29 / 05 / 2013 Répondre

        et puis je voulais la tache au dessus de la cape. Aussi ^^

  3. Soren jeudi - 30 / 05 / 2013 Répondre

    Comme d’habitude, la grande classe.

    • Oxyd dimanche - 02 / 06 / 2013 Répondre

      bien à vous Soren 🙂

  4. baktoid vendredi - 31 / 05 / 2013 Répondre

    Très beau travail !
    Tu utilises quel logiciel ? 🙂

    • Oxyd dimanche - 02 / 06 / 2013 Répondre

      eh bien là je suis principalement sur photoshop, sauf pour le moment où j’estompe les dégradés (vers 8:00), là, je passe sous painter.

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