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Ding Chavez, les grenades flash, et l’axe du mal.

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« La différence entre réalité et fiction ? La fiction, elle, doit être vraisemblable ».
Tom Clancy.

 

Allez, une petite note sur une série de jeux qu’il était bien temps d’évoquer, les Rainbow Six, notamment les deux premiers épisodes, Rainbow Six (sorti en 1998) et Rogue Spear (1999).

Le série a tout simplement inauguré magnifiquement -et clos tout aussi magnifiquement- le genre du fps d’intervention. La 1ère simulation de libération d’otages de l’histoire du JV. A noter que la série des SWAT a repris plus tard le concept mais je n’ai pas encore eu le loisir de m’y essayer.

Autre particularité de la série, elle était (et est toujours je crois) entièrement scénarisée par le « grand » écrivain Tom Clancy (d’ailleurs la série s’appelle « Tom Clancy’s Rainbow Six »), célèbre auteur de nanars néo-conservateurs techno-thrillers à grand tirage, à acheter en pack avec le dernier Guillaume Musso. Je ne vais pas m’attarder sur la qualité de son écriture, car je sais qu’il compte de nombreux admirateurs ; je dirais juste que ça ressemble à du SAS, mais avec le cul en moins. Toujours est-il que toute la série baigne dans une atmosphère assez conservatrice où nos héros, une sorte de brigade anti-terroriste cosmopolite, ne s’embarrassent pas trop des conventions démocratiques et sont généralement partisans de solutions assez radicales pour ramener la paix et l’amour sur terre. Ici on délaisse les preux paladins loyal bons de mes rpgs préférés au profit de la balle dans le dos et du snipe à 10 km de  la cible (seul sort mérité pour tous ces traîtres stipendiés par l’axe du mal).

On se retrouve donc à affronter une hydre terroriste internationale dans différentes villes du monde, et à tirer sur des ennemis de type méditerranéens ou à fort accent slave. D’un autre côté, si on veut s’amuser dans un fps, c’est pas non plus à Ken Loach qu’on va demander de faire un scénar, hein ? De plus la propagande, réelle ou supposée, reste accessoire et confinée aux briefings de mission.

Néanmoins, certaines missions réservent des moments cocasses qui font honneur à la clairvoyance de l’œuvre marmoréenne de Tom Clancy, comme lors d’une des dernières de Rogue Spear je crois, où l’on doit libérer des otages retenus par des nazis ET des islamistes, qui coopèrent main dans la main et dans la plus grande entente !! Sacré Tom. Dommage que le jeu n’intègre pas des dialogues entre nos amis les terroristes, à l’instar d’un Splinter Cell, car les échanges verbaux entre un Nazi américain du fin fond de l’Arizona et un Islamiste endurci des faubourgs de Kaboul ne doivent pas manquer de richesse et de profondeur.

Mais si la trame scénaristique nous offre une constance dans la débilité qui force le respect et nous ramène aux grandes heures de la TNT, il n’en est pas de même du gameplay.

Dans la peau d’une équipe de commandos, on doit réussir une tripotée de missions aux objectifs variés : libération d’otages, pose d’explosifs, espionnage, enregistrement d’une conversation mais dont l’essentiel consiste à vaporiser des terroristes avec la plus grande discrétion (et fourberie). La grande force du titre est son réalisme. Tirer correctement est déjà un exploit, tant le réticule de visée « explose » au moindre déplacement ; inutile donc de saliver dans l’attente de gunfights à la Modern Warfare. La moindre balle prise est soit synonyme de mort soit synonyme d’une longue période d’arrêt-maladie qui privera votre commando favori des joies du head-shot pendant quelques missions. Le moindre manquement à la discrétion est sanctionné par l’alerte générale/mise à mort des otages/déclenchement de la bombe/fuite des terroristes (rayer les mentions inutiles). Et les missions n’autorisant pas les sauvegardes internes, il faut donc les boucler d’une traite, avec la sueur perlant le long de la tempe (je me souviens qu’après avoir réussi la mission de l’opéra, j’ai du changer de t-shirt). Un gameplay qui peut paraître d’un autre âge, habitué que nous sommes à recharger notre énergie derrière un pilier, après s’être pris un léger coup de fusil à pompe à bout portant.

Voilà pour le décor. Mais parlons maintenant du cœur du gameplay : la planification.

Après la présentation des objectifs, du lieu et des forces en présence, on choisit sa team parmi un effectif cosmopolite et aux compétences variées (assaut, sniper, éclaireur,etc…), à répartir en quatre équipes maxi. Chacun des courageux combattant de la liberté a donc ses propres compétences, mais certains sont aussi nettement plus forts que les autres, comme notre ami Ding Chavez, hispano-américain rugueux qui a accompagné les joueurs sur toute la série. On ne se retrouve en fait à utiliser les loosers que quand notre stock de meilleurs commandos s’est fait dessouder par les vils nazislamocommunistes aux cours des précédentes missions. Hé oui, une fois un agent de la paix mondiale mort sur une mission, il ne ressuscite pas juste derrière, même avec toutes les prières évangélistes du monde.

La deuxième et plus importante phase de la planification arrive ensuite. Sur une map en 3D, on doit mettre en place le plan d’action, et tracer un parcours pour ses équipes, avec ses points d’entrée et d’extraction…Il s’agit alors de définir très précisément la « route » que vont emprunter vos équipes, de placer les points de pause, et de pré-déterminer les ordres, la plus grande difficulté consistant à bien placer ses « points », à lancer les ordres au bon moment et à coordonner l’ensemble des différentes équipes, pour qu’une équipe commence à nettoyer une pièce pendant qu’une autre snipe les terroristes en train de fuir par exemple…pas évident. En hard on s’arrache les cheveux. Sachant qu’on ne peut « incarner » qu’une seule des équipes à la fois, on tremble toujours aux moments clés nécessitant l’action coordonnée de plusieurs équipes, notamment juste avant d’entrer dans une pièce grouillant de terroristes et d’otages. On lance alors sa sainte grenade flash au bord de l’apoplexie, priant pour que l’IA fasse son boulot correctement (et elle le fait si vous avez bien géré la planification !) et pour qu’on réussisse ses tirs, et quand ça passe…c’est beau.

Il y a réellement un aspect énigme, puzzle, pour trouver le bon plan à mettre en place, tant les possibilités et les combinaisons sont vastes, et même le graphisme général, très austère, même au vu des standards de l’époque, renforce l’aspect « conceptuel » du jeu.

Apparemment sur les derniers épisodes (auxquels je n’ai pas joué), le gameplay a changé pour s’orienter vers un style de jeu plus bourrin. Quelle surprise…

Inutile de vous dire que vous êtes fortement conviés à jouer à ces deux perles du Jv. Dans le cas contraire je me verrai dans l’obligation d’en référer à Tom Clancy, qui déclenchera l’opération « Cœur de Vandale » sur vos domiciles respectifs (frappe chirurgicale d’un million de mégatonnes).

Que Dieu vous bénisse tous (sauf toi là-bas au fond)…

Publié par Oncle Gabi.

 

 
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Commentaires (4)

  1. louiskanak Lundi - 13 / 08 / 2012 Répondre

    Et mon Rainbow Six Black Arrow, c est du poulet?
    certainement l’un des meilleurs FPS en multi de sa génération (sur Xbox 1 ere génération) et je suis encore nostalgique de son gameplay et de ses maps parfaites. Ne parlons meme pas du team play, on risquerait de vexer les amoureux transi des Bousefield 3 et Modern Kikoofare 3.

    En tout cas merci pour ce post, Ding !

  2. LeK Lundi - 13 / 08 / 2012 Répondre

    Perso le 3 : raven shield est le plus abouti et donc le meilleur!!!! … que ce soit en solo mais aussi en Lan …. de gros souvenirs en coop contre une IA pas mal du tout d’ailleurs… un jeu qui a bien veilli (graphisme toujours trés sympa) et reste vraiment trés jouable par rapport aux 2 premiers! et ceux qui ont suivi sont, en effet, soit ratés car trop faciles soit trop bourrins (cf R6 vegas). A quand un speed game raven shield? :) … ou un 36 15 « y’a des jeux quand tu meurs tu respawn et d’autres pas »…

  3. Scalpweb Lundi - 13 / 08 / 2012 Répondre

    J’ai toujours eu envie de m’y mettre… Maintenant je n’ai plus le choix !

  4. Oncle Gabi Vendredi - 17 / 08 / 2012 Répondre

    Louiskanak, Lek > Jamais fait de multi avec les Rainbow six, j’avais pas le net à l’époque, un de mes grands regrets.
    Scalpweb > Ouaip, et vite, sinon ça va partir en frappe préventive : )

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