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Get souls or die tryin’

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Après m’être usé les pouces et les globes oculaires sur Xenoblade, il était temps pour moi de me dégotter un p’tit jeu simple et pas trop long, histoire de me détendre les nerfs. Je me suis donc lancé dans Dark Souls. Hahaha (rire nerveux)…
130h plus tard, je m’écroulais sur mon divan, exsangue et convulsif devant le défilement des crédits, vision quasi divine distinguée à travers le voile de la fatigue et de la dépression nerveuse.

Dark Souls est la « suite » de Demon’s Souls, une sorte de suite plus plus plus, reprenant son concept particulier sans trop changer d’ambiance.
Si Dark Souls se présente au premier abord comme action-rpg à la troisième personne, sa difficulté inaugure selon moi un nouveau genre, le survival-rpg ; imaginez un Resident Evil ultra-balèze dans un univers fantasy avec une durée de vie conséquente et un univers labyrinthique. S’ajoute à ce gameplay des fonctions de coopération non négligeables avec les autres joueurs en jouant connecté au net. Perso par choix j’ai décidé de jouer sans, la possibilité d’être « envahi » par d’autres joueurs m’ayant un peu rebuté, donc je peux difficilement parler de ce point du jeu. Autre aspect intéressant, la montée d’expérience se fait à travers à la collecte des âmes (d’où le titre donc) des ennemis affrontés, puis en « offrant » ces âmes aux (peu nombreux) feux de camps qui parsèment les contrées désolées de Lordran et servent de points de sauvegarde.

Les développeurs japonais de From Software jouent clairement sur la fibre sentimentale des joueurs dit « hardcore », en leur proposant un jeu velu, dédaléen et violemment hermétique au premier abord. C’est bien simple, on commence en ne pigeant pas un broc, perdu dans les menus, les commandes, l’univers de Dark Souls (il n’y a pas de carte dans le jeu !), sans objectifs, avec un perso misère et un équipement en mousse ; le manuel du jeu et le tutoriel du début sont réduits à leur plus simple expression, sans explications sur la majorité du gameplay, qu’il faudra découvrir soi-même.
Petit à petit on prend ses marques, on apprend à esquiver avec brio les frappes de maçons polonais des chevaliers noirs, on explore une nouvelle région toute aussi hostile, on découvre qu’on peut sauter (après 30h de jeu), on améliore soigneusement les stats de son frêle chevalier à l’aide des fameuses souls et enfin on lui donne une belle armure qui lui permettra de mourir un peu moins rapidement.

Petit intermède sur la difficulté du jeu pour ceux qui ne connaissent pas le jeu : il faut bien comprendre que les terres de Lordran sont particulièrement inhospitalières et que le moindre ennemi peut vous déglinguer en 2-3 coups et qu’il est donc très courant de rendre l’âme une quinzaine de fois avant de réussir à faire une vingtaine de mètres. Détail cocasse, et qui fait tout le sel du jeu, quand vous mourrez vous perdez la totalité de l’expérience accumulée depuis le dernier point de sauvegarde. Vous avez néanmoins une chance une fois mort de récupérer vos points en touchant la marque laissé par votre cadavre (donc en refaisant tout le chemin en serrant les fesses), mais là si vous mourrez encore une fois, toutes les âmes seront définitivement perdues, une nouvelle marque étant crée, etc…etc…
Alors ? Elle est pas belle la vie ? Il est content notre harcore gamer ? Oui il est content, car le jeu a visiblement été conçu pour cette crème de joueurs qui aiment refaire 150 fois les mêmes passages, farmer comme des porcs, les grosses épées à symbolique freudienne avec dégâts de feu +10, et qui ont les nerfs suffisamment solides pour ne pas pulvériser leur télé, leur chat et leurs Témoins de Jéovah qui sonnent à la porte en plein combat contre un boss (eh oui il n’y a pas de pause dans le jeu).
Le fameux écran « vous êtes mort » apparait donc souvent dans le quotidien du joueur de Dark souls et résonne toujours comme un « vous jouez comme une patate ». Quand je ferme les yeux, j’ai l’impression de le voir encore.
Le fait que le moindre slime puisse vous violer et réduire à néant des heures de jeu met donc une légère tension, et c’est avec l’estomac noué et les sphincters contractés et que l’on arpente une région où l’on sait qu’on pas le niveau pour affronter le moindre ennemi de base. Vu que les environnements pittoresques que l’on visite sont généralement peu éclairés, on avance centimètre par centimètre, scrutant l’obscurité, en priant pour ne pas « déclencher » plus d’un ennemi à la fois (dans Dark Souls le combat contre plusieurs ennemis est généralement synonyme de mort).

Pourtant le jeu n’est pas impossible. Patience, prudence et persévérance sont les qualités nécessaires pour espérer en voir la fin ; il est courant de mourir 10-15 fois sur un passage du jeu mais on a jamais la difficulté d’un R-type ou d’un Ikaruga avec leurs one-true-path intransigeant. Ici on finit toujours pas comprendre le pattern des ennemis, on s’acharne, on farme au besoin, on change de tactique, d’approche, d’équipement, ou tout simplement on snipe les boss à l’arc comme un vulgaire Oncle Gabi.
On s’aperçoit que ce n’est pas tant le niveau d’expérience qui compte, mais plutôt le niveau de son équipement. Cet équipement peut voir sa puissance augmentée par des cristaux /gemmes, droppées (des fois) par les ennemis, ou découverts sur les cadavres et dans les coffres. Le joueur chevronné aura alors à cœur (de Vandale) de récupérer un maximum de ces précieuses gemmes nécessaires à l’élévation (entendre l’upgrade) des armes et armures. Ces gemmes sont la clé pour finir le jeu mais chut…

La maniabilité est une vraie merveille : l’inertie et la physique de notre personnage étant très réaliste, elles nous obligent à anticiper les mouvements adverses et à constamment calculer le bon moment pour frapper. En étant équipé d’une armure lourde, notre héros va marcher à deux à l’heure et aura donc vraiment l’air d’un de ces couillons médiévaux avec leur tonne de ferraille sur le dos. La série des Elders Scrolls (malgré ses qualités) et ses combats anémiques ferait bien d’en prendre de la graine.

Le style graphique est malin, avec son parti pris réaliste, calibré pour ne pas rebuter les joueurs occidentaux (donc pas barré comme Xenoblade donc), recyclant avec talent l’héroic fantasy classique mais avec quelques touches baroques dans le design des ennemis. Particulièrement sombre, l’ambiance parachève le sentiment de solitude et d’abandon, souligné par l’absence de musique (sauf à 2 moments très particuliers), et la rareté des pnjs à qui l’on peut parler, seulement 2-3 pelés qui traînent leur mélancolie, paumés dans les niveaux.

Le scénar également, partant du canevas ultra-classique-vu-et-revu de l’heroïc-fantasy occidentale, arrive à nous surprendre en se démarquant complètement de ces codes et à imposer une mythologie forte et originale, avec une narration elliptique, qui révèle l’intrigue petit à petit, subtilement, sans cut-scenes grandiloquentes mais par des petits détails, quelques phrases laconiques lâchées par un pnj, certains lieux et objets mystérieux…
Si la trame du jeu se révèle une sorte de pèlerinage (un peu comme à Saint-Jacques de Compostelle mais avec plus de baston), le personnage incarné étant l’élu destiné à choisir la destinée du monde à la fin du jeu, pas de manichéisme à la Donjons&Dragons pour autant, mais du cynisme et une noirceur étouffante.
Dark Souls porte bien son nom, aucune pureté ni bienveillance ne ressort des protagonistes du jeu mais seule une lutte entre deux factions pour s’assurer la suprématie par tous les moyens ; les âmes sombres sont aussi bien celle qu’on récolte pour gagner de l’xp que celles de ceux qui les récoltent en assassinant les « ennemis » du jeu.
Mais je n’en dis pas plus et j’invite ceux qui ont fini le jeu à lire la très belle chronique de Sylvain, il s’apercevront peut être comme moi qu’ils sont passés à côté de la moitié d’un scénario qui ne se révèle pas de lui-même mais qu’il faut aller chercher.

J’ai conscience que j’ai n’ai pas parlé du quart du gameplay de ce jeu magnifique, véritable tarte vidéoludique, qui regorge de zones secrètes, objets magiques, quête annexes, propres à séduire le fouille-m… qui sommeille en nous, je vous invite fortement à découvrir le reste en y jouant !

Bon maintenant finies les conneries, je me détend et je me prend un p’tit jeu sympa en 2D pas prise de tête ; j’ai en repéré un qui s’appelle…voyons…Spelunky, ouais c’est ça.

Bonne année les p’tits loups…

Publié par Oncle Gabi.

 

 
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Commentaires (13)

  1. KotL lundi - 07 / 01 / 2013 Répondre

    Du Dark Souls sur NESblog ? Cuhrayzee !

    Effectivement ce jeu est une perle amha, je l’ai découvert à l’aveugle comme je découvrais Sonic 1 ou le 1er Zelda à l’époque.

    Et ce PvP tellement savoureux et stressant en + du solo, mmmmhhhhh !

  2. Cosmic lundi - 07 / 01 / 2013 Répondre

    Vous devriez tester Demon’s Souls si jamais fait, il est beaucoup mieux sur l’ambiance « supposition » de Miyazaki, tout est plus difficile, moins « gentil », casual, dans Demon que dans Dark :).

    Tout le monde parle de Dark Souls parce qu’il est multi-support, c’est tout !

    • Le Noob Supreme lundi - 07 / 01 / 2013 Répondre

      C’est la première fois que je vois les mots « casual » et ‘Dark Souls » dans la même phrase, bravo. 🙂

    • Kazede jeudi - 10 / 01 / 2013 Répondre

      Pour avoir fait les deux à fond, je préfère amplement DarkSouls. Pour le gameplay, les différences entre les deux opus équilibrent la difficulté. Notamment pour les feux/archipierres et les fioles d’estus/herbes.

      Bref, difficulté similaire, mais DarkSouls à un univers beaucoup plus travaillé. Je me souviendrais de Queelag et pas de « l’araignée écarlate » par exemple.

  3. Sylvain lundi - 07 / 01 / 2013 Répondre

    Merci Oncle Gabi d’avoir partager un lien vers mon article sur l’univers du jeu ! En espérant que cela ouvre les yeux au plus grand nombre, sur l’étendu et le traitement très particulier du background de Dark Souls.

    (Sympa l’artwork en début de page ! )

    Et bonne année évidemment 🙂

  4. Nidhogg lundi - 07 / 01 / 2013 Répondre

    Pour ma part, après une bataille acharnée contre le boss Dark Sun Gwyndolin, j’ai, suite à l’éternel « vous êtes mort », relaché ma manette dans un excès de rage et de desespoir. Elle s’est lentement abattu sur le sol froid dans un bruit qui résonne encore à mes oreilles. Le jeu m’avait vaincu. Il m’avait résisté. J’étais déchu. J’avais arrêté Dark Souls. Et puis, alors que je découvrais de multiples et diverses expériences vidéo-ludique, ce jeu était là, là, sur l’étagère, il me narguait. Il savait. Il savait que j’avais abandonné. Je savais qu’il me hanterait. Suite à une crises de folie, alors qu’il m’obsédait, j’ai, cette nuit, remis une nouvelle fois le jeu dans la console, une ardeur nouvelle au coeur. Sachant que ce serait lui ou moi. Il m’a bien fallut 14 jours et tout autant de nuit pour venir à bout de la bête. J’avais gagné. J’avais fini Dark Souls.
    Je le considère comme un chef d’ouvre singulier. Cela faisait des années que je n’avais eu ce rapport de résistance avec un jeu et surtout, ce final sentiment de triomphe. A recommander, donc.

  5. mardi - 08 / 01 / 2013 Répondre

    C’est marrant, je m’y suis mis y’a pas une semaine! Trouvé en occaz, je me suis dis, depuis que j’en entend parler, je vais test. Bon, je n’en suis pas à 130h mais je le trouve…OMG! A l’ancienne, try and die avec du défi je kiff. Je comprend aussi qu’il peut rebuter, aucune info et donné xD. On doit se débrouillé, mwahahah.
    Gogo essayer si vous voulez du challenge. Je peux vous assurez, qu’une fois les défis du jeu relevés (tout le temps quoi!), vous êtes content, alors les boss….OUCH!

    Merci Oncle Gabi.

  6. Nairod mardi - 08 / 01 / 2013 Répondre

    Pour ma part, après avoir finis Demon’s Souls, je ne VOULAIS PAS me lancer dans Dark Souls. J’ai prétexté le prix des jeux, trop cher à la sortie, le manque de temps avec d’autres jeux à mettre en route. La réalité était ailleurs, ce jeu me faisait peur…
    Et puis le mois dernier, la réalité m’a rattrapé. Une édition collector en promo a eu raison de ma résistance. Je l’ai acheté.
    Maintenant je sais que je vais repartir dans cette éprouvante aventure, et j’ai hâte!

  7. Charlie YK mardi - 08 / 01 / 2013 Répondre

    J’arrive pas à finir Xenoblade !!! 1 an et demi que je suis dessus !

    Chanmé la chronique sinon. T’es en en forme toi en ce moment !

  8. Squeydar mardi - 08 / 01 / 2013 Répondre

    http://www.chroniques-ludiques.fr/dark-souls-analyse-et-explication-de-lhistoire-et-de-son-univers/

    Descriptif détaillé de l’histoire, a ne pas manquer pour les fans inconditionels 😉

  9. Kennit mercredi - 09 / 01 / 2013 Répondre

    Comment l’image me fait trop penser au fan art de Mark Evans…
    http://www.cloudmover.net/gamecards/agot/files/collage_lb_image_page7_11_1.jpg

  10. edgar mercredi - 09 / 01 / 2013 Répondre

    Bon j’l’ai acheté y’a 1h.il s’installe on va bien voir…
    Ce qui est sur c’est que si Nesblog et Mike Mattei le recommande c’est qu’il est indispensable.C’est parti pour une longue nuit moi qui suis malade…sa va etre étrange comme expérience.

  11. Oncle Gabi samedi - 12 / 01 / 2013 Répondre

    Merci…

    Charlie YK > Merci ! Ne lâche pas Xeno…

    Squeydar > Ya de ça…je connaissais pas l’illustrateur, c’est marrant.

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