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Ma vie c’est d’la merde !

Ma vie c’est d’la merde !

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En attendant le prochain DDS…

 

 

« Ma vie c’est d’la merde ! »

Vous avez déjà tous entendu cette réplique (parfois suivi de la mention « Et j’aimerais bien l’échanger contre celle du roi du Maroc ! »). Après ça, trois voies s’ouvrent à vous :
1) Vous confirmez « Oui. En plus le Maroc c’est pas si loin. Et, étant donné, que tu vis au 9e étage avec ascenseur et vide-ordures, sa Majesté Mohammed VI sera partante pour l’opération « on a échangé nos mamans » version plus couillue.
2) Vous bottez en touche en changeant habillement de sujet avec une anecdote : « Tu savais qu’on ne pelait pas les bananes par le bon sens ? Parce que dans la nature, les singes ne le pèlent pas par la « tige » comme nous : ils les pèlent directement sur le bananier sans les cueillir. Ils appuient grâce à leur pouce opposable sur l’extrémité qui leur fait face. ils la peuvent ensuite décalotter leur fruit et même enlever ce petit bout noir qu’on aime pas manger. Ils sont malins ces petit singes non ? »
3) « Je t’arrête tout de suite ! Je crois que tu te plains un peu vite mon canard ! Moi j’ai une vie de merde ! Aujourd’hui, pour moi, c’est l’Enfer ! Le Vietnam ! T’as peut-être plus de boulot et une tumeur sous la langue qui t’empêche de déglutir, mais moi j’ai dû me taper 5 épisodes de Joséphine Ange gardien en italien sous-titré russe pour faire plaisir à ma grand-mère dont la TV est bloquée sur La7 Italia. Et le pire c’est que sans parler ni italien, ni russe, je comprenais très bien à quel point c’était de la merde de voir une naine sauver la vie de gros glands incapables de se bouger le cul… » Bref, vous infirmez et vous imposer votre vie en exemple comme étant plus de la merde que celle de votre adversaire… Et vous gagnez le droit d’être premier joueur à Gloom, car dans ce jeu c’est le joueur qui a eu la journée la plus pourrie qui commence la partie.

montage horrible

Pêle-mêle tout ce dont je vous ai parlé dont Mohammed VI avec un fez. Parce que les fez, c’est cool 🙂

Pour la fiche technique, Gloom est un jeu de cartes de chez Atlas Games – Edge. Il a été créé par Keith Baker (qu’on ne présente plus et qu’on ne va d’ailleurs pas présenter dans un souci d’économie), illustré par Scott Reeves et traduit dans la langue de Bernard Pivot par Sandy « Mamouchka ! » Julien. C’est un jeu qui se joue de deux à quatre joueur et les parties peuvent durer environ 20 minutes (1 heure d’après la notice mais sérieusement c’est rare) et abordable pour le tout-venant sans problème. L’originalité de ce jeu tient en deux points : son humour noir et son ambiance (<= un seul point) ET sa conception graphique (merci Scott !) avec ses cartes transparentes faites pour se superposer les unes sur les autres et créer ainsi un gameplay original.
Dans Gloom, chaque joueur choisi une famille parmi les suivantes :
• Château Besognard, représenté par un encéphale avec en chef de famille Le professeur Helena Besognard. Elle aime jardiner, se promener au clair de lune et ranimer les morts.
• La Ciguë représentée par un chapeau haut de forme avec un Majordome très menaçant – D’ailleurs je ne sais pas ce qui s’est passé, mais c’est forcément lui le coupable ! –
• Le Guet d’Eausombre (Nota bene : nom à réutiliser pour une ville improvisée à D&D aux côtés de Verteprairie et Sombreplaine) représenté par une faux et avec un certain Willem Stark qui peut, comme son nom l’indique mourir assez vite.
• Et les Malheureux Manoirs des malformations, famille circassienne qui compte dans ses membres un incroyable homme à barbe.

 

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Toutes ces familles comptes cinq membres qui valent leur pesant de cacahuètes. Ya même un beau-fils rouquin…

Le but du jeu est d’avoir la famille qui a le score de pathos le plus faible (bien souvent dans le négatif) à la fin de la partie. La partie prend fin quand une famille est entièrement décimée. Car il faut qu’ils aient une vie de merde MAIS AUSSI qu’ils soient morts pour que leurs scores puissent t’être comptabilisés. Ainsi donc vous allez saper le moral des membres de votre famille en les faisant molester par les mendiants, pour mieux les noyer dans un marigot et chérir les membres des familles opposées en les amenant pique-niquer au parc. Vous l’aurez compris l’ambiance générale du jeu se drape d’humour noir et décalé. Les personnages pourront donc être « nargués par des nains », « chassés par des caniches », « abandonnés dehors sous la pluie » et « maudits par les manouches » avant d’être « rassuré par le rabbin », d’avoir « fanfaronner au festin » et d’avoir « contemplé des cannetons » pour finir « dévoré par des ours », « étranglé par sa cravate » ou « mort sans soucis ». Précisons importante : il est interdit de tuer un personnage ayant un score de pathos positif car il se raccroche à la vie, se saoule avec le bruit des corps qui l’entourent comme des lianes nouées de tresses, sans comprendre la détresse des mots qu’il envoie.

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Schéma récapitulatif et moche

Pour ce qui est du gameplay – Oulla ! Ce mot fait toujours très sérieux! Surtout pour un jeu non-vidéo – pourtant, par rapport à un 1000 bornes ou à un Magic The Gathering c’est peu ou proue similaire. La seule différence à retenir étant que Les cartes transparentes seront superposées sur celles précédemment jouées. C’est le premier « petit plus » esthétique et fun de ce jeu! De même, le tour de jeu est calqué sur la même logique que nombre de jeu de cartes.

– Le joueur actif peut faire une première action : jouer une carte, se défausser ou passer.
– Le joueur actif peut ensuite faire une deuxième action SAUF jouer une carte « Mort prématurée ».
– Refaire sa main jusqu’à 5 cartes SAUF contre-indication par des cartes préalablement jouées.
– Fin du tour du joueur actif.
– Pour ceux qui ont suivi, début du tour du joueur suivant. Après à vous de voir si vous voulez que l’ordre du premier au dernier joueur soit défini dans le sens horaire, dans le sens trigonométrique ou dans un ordre que la logique commune ne saurait appréhender correctement mais qui permet malgré tout à chaque joueur de jouer à la même fréquence les uns des autres. Ben oui! Sinon c’est le dawa! (On me dit que je parle dans le vide et que tout ce que je vous explique est visiblement « du bon sens » https://fr.wiktionary.org/wiki/bon_sens)

Enfin, second « petit plus » du jeu, il est assez important de jouer sur la narration des actions que vous faites pendant la partie afin de vous laisser porter par l’ambiance de jeu car cela fait vraiment tout le piment de ce jeu qui est déjà garni d’une correcte dose de paprika. En plus, une ambiance un peu « famille Adams » cynique c’est plus simple de l’intégrer que celle d’Atmosfear qui reste le « train fantôme » des jeux de plateau. Oui, vous allez me dire que je ressors la même rengaine que la dernière fois, mais, dans le cas présent, cette précision fait partie des règles du jeu ; il est même précisé que « La narration n’a rien d’obligatoire, mais laissez-vous tenter : ce sera bien plus amusant si vous faites un effort ». Donc merci monsieur Keith Baker de nous rappeler que le roleplay (ou l’incarnation du personnage au sens stanislavskien du terme en français pédant avec de longues périphrases) a son importance même dans un « petit » de jeu de cartes car, si on ne prend pas au sérieux une chose aussi futile que de jouer, alors rien n’est plus à prendre au sérieux.

zdzd

Gloom est beau, Gloom est bon, Gloom vous veut du bien. Jouez-y !

 
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Commentaires (5)

  1. Mope dimanche - 29 / 11 / 2015 Répondre

    ça m’a l’air excessivement chouette ! Par contre, je ne connais personne qui y jouerais avec moi, pas de chance x)
    J’ai bien ri en lisant cet article aussi 😀 (Et les Fez, c’est cool)

  2. kthulu dimanche - 29 / 11 / 2015 Répondre

    Jeu très sympa, que j’avais à l’époque acheté durant l’année 2007 en anglais avec ces 2 add-on (qui existaient à l’époque) unwelcome guests et unhappy homes. Au final, des parties fun et totalement délires malgré un anglais très soutenu en général.

  3. trollsyl lundi - 30 / 11 / 2015 Répondre

    Tu me fais envie… Un joli petit jeu qui irait parfaitement dans ma ludothèque !

  4. Arandil mercredi - 02 / 12 / 2015 Répondre

    Je ne suis pas tout à fait d’accord sur le temps de jeu… lorsque je fais une partie de gloom, je m’approche bien plus d’une heure que des 20 minutes… si les joueurs se prennent au jeu de la narration et inventent réellement une vie à leur personnage et une logique dans la succession des événements, alors cela prend du temps. Bien entendu, il y a des joueurs qui veulent vite tuer leurs membres pour mettre fin à la partie rapidement, mais quel est l’intérêt de gagner ainsi ? Tout ce qui fait ce jeu est la narration !

    • dds mercredi - 02 / 12 / 2015 Répondre

      On a fait une dizaine de parties test avec différents joueurs et on est arrivés à cette moyenne de 22 minutes, mais ce n’est qu’une estimation. Après libre à chacun de jouer avec autant de digressions narratives qu’il le souhaite.
      En tout cas merci de cet avis 🙂

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