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« M’sieur ! Quand est-ce qu’on joue au Moyen-Âge? »

« M’sieur ! Quand est-ce qu’on joue au Moyen-Âge? »

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Le Moyen-Âge est sûrement la période historique que l’on pense connaître le mieux. Comment utiliser les représentations des élèves pour en tirer des connaissances historiques solides à travers un jeu vidéo?

Si l’historiographie du XIXème siècle l’explique en partie, les diverses productions culturelles, du cinéma à la littérature, touchent principalement les plus jeunes et participent à cette caricature de l’époque médiévale.
Les élèves découvrent surtout cette période à travers le prisme du médiéval-fantastique, genre artistique qui mêle le réalisme historique (armement, bâtiment…) à des univers chargés en mythes et légendes.

Sir Daniel Fortesque, héros de Medievil (1998)

Le chevalier armé de son épée fait souvent figure de combattant idéal pour une grande partie de jeux d’actions et tire l’origine de sa représentation dans la littérature médiévale.
Le roman courtois mettait en scène les membres de cette élite nobiliaire dans leurs aventures pour conquérir le cœur des dames, tandis que la chanson de geste visait à mettre en valeur un héros épique dans ses exploits guerriers.

Ainsi, un adolescent n’a pas la même représentation du Moyen-Âge qu’un enseignant peut avoir. Et c’est normal.
Partant de cette constatation, j’ai voulu utiliser le média vidéoludique pour aborder le thème du Moyen-Âge en 5ème, la partie majeure du programme de ce niveau. Le

Dirk the Daring, héros de Dragon's Lair (1983)

Dirk the Daring, héros de Dragon’s Lair (1983)

premier chapitre s’intitule « Paysans et Seigneurs » et permet d’étudier les rapports de domination imposés par un puissant ainsi que le mode de vie des deux grandes catégories sociales de l’époque. Cette séance pourrait très bien s’intégrer dans le nouveau programme d’Histoire de 5ème, qui rentre en application en septembre 2016 dont l’une des parties propose d’étudier  :  « L’ordre seigneurial : la formation et la domination des campagnes. »

Dans ma dernière proposition pédagogique ludique, mes élèves de 6ème devaient reproduire une mégalopole américaine dans Sim City en fin de chapitre. Placer cette séquence en évaluation n’était pas extrêmement concluant : n’importe qui ayant joué aux premières versions de ce jeu mythique sait que seul le modèle américain est possible au final. Certains élèves m’avaient d’ailleurs fait la remarque. De plus, les évaluer via un jeu vidéo, donc par un médium qui s’éloigne de la réalité observée en classe, ne me semblait pas être une démarche rigoureuse.

Pourquoi avoir choisi Stronghold comme porte d’entrée vers le Moyen-Âge ?

Plusieurs jeux s’offraient à moi.
Pour ma séance avec Sim City, je m’étais inspiré du travail du Réseau Ludus.
Les enseignants de ce groupe proposaient également une séquence avec Lord Of The Realm II : ce jeu de gestion-stratégie de 1996 offrait l’avantage d’offrir certains aspects réalistes : gestion de l’agriculture, de l’armée, du commerce…

Lord Of The Realm II (1996)

Lord Of The Realm II (1996)

Mais le gameplay construit autour d’un système en tour par tour me semblait difficile à faire comprendre immédiatement à mes élèves. C’est également pour cette raison que je n’ai pas retenu Civilisation, jeu demandant une maîtrise que tous mes élèves n’auraient pu acquérir en une séance de deux heures.
Beaucoup ont été surpris de mon choix final au détriment du grand classique Age Of Empires II.
AOEII est d’une grande profondeur et d’une richesse graphique intéressante, cependant les unités et bâtiments évoluent avec le temps, passant, pour les périodes qui nous intéressent, de « l’âge féodal » à « l’âge des châteaux forts ».

Age of Empires II: The Age of Kings (1999)

Age of Empires II: The Age of Kings (1999)

Cette mécanique de gameplay est évidemment intéressante mais, encore une fois, j’appréhendais une trop grande complexité de l’ensemble pour mes élèves. Cette œuvre phare, car elle a créé un genre à part, mériterait une exploitation pédagogique dans le futur.
J’ai également mis de côté des softs demandant des configurations trop puissantes comme Besiege, un simulateur de construction de machines de siège.

stronghold-coverJ’en viens donc à choisir Stronghold, un jeu de gestion-stratégie en temps réel, très classique, pour ses multiples qualités :
– le jeu date de 2001, ne nécessite que peu de ressources, et peut donc être facilement installé sur les (ordinateurs) des établissements scolaires.
– il dispose d’un excellent tutoriel qui permet aux élèves-joueurs de maîtriser rapidement les mécaniques du jeu. Le voici en vidéo.
– Le gameplay, tout à la souris, est plutôt simple et accessible, et ressemble à celui de Sim City.
– le mode Gestion permet d’éviter la confrontation militaire avec un autre seigneur, ce qui n’empêche pas de montrer la violence de cette période (l’installation de bûchés et autres gibets l’évoquent sans la représenter, tout en permettant d’aborder le pouvoir judiciaire du seigneur).

L’élève-joueur est dans le rôle du seigneur, il peut ainsi décider de l’ensemble des constructions dans sa seigneurie, augmenter les impôts à sa guise et gérer les productions et les récoltes de ses paysans.

Par groupe de deux, pendant une durée de deux heures, les élèves recevaient cette fiche, avec trois scénarios différents, après avoir joué au tutoriel :


Groupe 1 : « Vous devez construire une seigneurie défensive pour protéger la région d’une puissance ennemie ! Orientez votre économie et le travail de vos paysans pour construire des fortifications efficaces et une armée puissante.»
– Groupe 2 : « Vous devez avoir la seigneurie la plus peuplée possible !  Attirez le maximum de paysans en faisant de votre seigneurie un lieu agréable à vivre offrant une nourriture variée »
– Groupe 3: « Vous devez gagner le plus d’argent possible ! Plus les caisses du trésor sont remplis, plus vos récompenses seront grandes ! »

L’idée était de pouvoir leur laisser une certaine liberté d’actions pour ensuite décrypter celles-ci en classe.

Je dois bien avouer que j’ai du mal à savoir comment retranscrire une activité numérique sur le cahier de l’élève. Quelle va être la trace écrite ?
Après consultation de mes collègues, j’ai réalisé le questionnaire suivant, à remplir pendant l’activité ludique :

a) Quelle somme possèdes-tu à la fin du jeu ? Est-ce que la population est satisfaite par tes actions ?
b) Est ce que le jeu correspond à tes idées reçues sur le Moyen Âge ? (fiche à remplir en classe avant la séance et à coller sur ta feuille)
c) As-tu aimé le jeu ? Rédige en quelques lignes une critique de ce jeu vidéo.

L’équipe du webzine « Vousnousils », spécialisée dans l’éducation, est venue observer la séance :

Et après? Retour en classe.

La question reste entière : que faire après une séance ludique lors du retour en classe « classique » ?
Ne pouvant vraiment anticiper le comportement de mes apprentis-seigneurs pendant la séance, je n’avais pas prévu un strict déroulement du cours. En effet, il m’était difficile de prévoir les différentes réactions de mes élèves par rapport à leurs maîtrises du jeu.
J’avais cependant une idée directrice : comparer certains éléments du soft avec des documents historiques.
Je tiens à préciser
que le reste de ma séquence en classe est très classique : nous avons utilisé certains points du jeu pour le comparer avec des documents historiques. Je n’avais pas vraiment modifier mon cours de l’année dernière. Les élèves ont notamment produit des récits sur la vie des paysans au Moyen-Âge ou sur les différents pouvoirs d’un seigneur dans son domaine.
Le jeu a donc servi de base de réflexion autour des notions du programme. 

Quand on évoque l’impact de l’utilisation du jeu vidéo en classe, on met toujours en avant la motivation de l’élève, en réponse à la mode culpabilisante voulant qu’un adolescent s’ennuie au collège.
Si on ne peut nier cet effet, il ne faut pas non plus le généraliser à outrance : quelques élèves (5 sur l’ensemble de mes 2 classes) n’arrivaient à comprendre le fonctionnement du jeu ni le but du cours, faute d’avoir un équipement informatique suffisant à la maison. La fracture numérique dans les pratiques des élèves est encore à prendre en compte. Je tiens à préciser que mes classes sont assez hétérogènes et je n’enseigne pas dans un établissement REP+ (anciennement ZEP). Certains élèves, plutôt en difficulté scolaire mais habitués à jouer aux jeux vidéo chez eux, ont rapidement pris en main le soft et ont effectué une gestion remarquable de leur seigneurie médiévale.
Ces bons résultats vidéoludiques ont eu un effet concret sur l’ambiance de classe: la participation orale en début de chapitre fut grandement dynamisée!
Par exemple, en début de cours, je leur ai demandé les pouvoirs du seigneur qu’ils ont utilisés dans le jeu : militaire, économique, politique, judiciaire… L’inventaire fut rapide. Cependant, il est nécessaire que les élèves prennent du recul sur la pratique…et c’est justement l’intérêt d’utiliser un jeu vidéo ! Prendre de la distance est ainsi facile car les élèves ont, généralement, parfaitement conscience d’être en face d’un jeu, et non pas d’une représentation fidèle de la réalité.

« Ma préparation a été largement dépassées par les remarques de mes élèves »

Confronter la gestion fiscale du jeu à un document historique

Confronter la gestion fiscale du jeu à un           document historique

Ainsi, nous avons précisé le pouvoir économique du seigneur à l’aide d’un texte historique, comme expliqué dans la vidéo.
Plus tard, nous avons pu préciser la distinction entre la noblesse et la roture en étudiant la manière dont on recrutait des soldats dans le jeu.
En jouant, les élèves ont pu « transformer » des paysans directement en chevaliers.

La constitution d'une armée

La constitution d’une armée

En abordant le mode de vie nobiliaire et la vie de cette élite militaire, ils ont compris qu’une telle ascension sociale n’existait pas au Moyen-Âge (à part quelques rares cas) et que les développeurs du jeu ont sûrement simplifié la réalité pour des raisons de gameplay.

Ces comparaisons, que j’avais préparées, ont cependant été largement dépassées par les remarques de mes élèves, fondement de toute dynamique pédagogique.
Je leur montrais un plan d’une seigneurie du XIIIème afin qu’ils repèrent trois termes historiques absents du jeu : les tenures, les communaux et la réserve.
Une élève s’interroge : « Mais m’sieur, sur le plan, les bâtiments sont autour de l’église et du château fort, alors que dans le jeu, on les plaçait où on voulait ! »
Si la notion d’encellulement (mouvement de fixation de l’habitat autour des lieux de pouvoir) n’est pas au programme, il faut reconnaître que la remarque est très pertinente…

Plus tard, en comparant l’alimentation paysanne proposée dans le jeu et à l’époque, un élève s’étonne : « Mais m’sieur, dans le jeu, on ne pouvait pas faire de vigne! »
Et en effet, c’était le cas. Sauf que les élèves pouvaient cultiver du houblon pour produire de la bière.

Etudier le jeu vidéo avec la même grille d’analyse qu’une oeuvre cinématographique

Vous allez me dire que c’est un détail, mais on touche bien à un point crucial de mon propos : j’ai expliqué aux élèves que, les développeurs étant anglo-saxons, donc issus de la civilisation de la bière  plutôt que de celle du vin, il était donc normal que cette culture soit plus présente dans leur jeu.
Analyser le contexte de production du jeu vidéo permet de mieux saisir la représentation que chaque société se fait de son histoire.

Pour conclure, cette séance sur Stronghold et les remarques de mes élèves m’ont fait réaliser quelque chose :
Le jeu vidéo doit trouver sa place dans l’enseignement comme le cinéma l’a fait avant lui, au point d’être aujourd’hui institutionnellement reconnu et de faire partie intégrante de nos séquences.

On peut ainsi réfléchir à un modèle d’exploitation pédagogique du jeu vidéo :

"Quels termes de la légende n'avez-vous pas rencontrés dans le jeu?"

« Quels termes de la légende n’avez-vous pas   rencontrés dans le jeu? »

La séquence de jeu : les élèves doivent être actifs et le soft ne doit pas servir que de supports visuels.
Décryptage en classe : les faits historiques sont-ils bien retranscrits ?
Analyse des mécaniques du jeu : pourquoi un développeur a-t-il déformé la réalité ?
Etude du contexte de production : en quoi cette distance avec les faits historiques peut-elle montrer une vision de l’histoire par une société ?

Les jeux vidéo impliquent irrémédiablement une distance avec la réalité : et heureusement ! C’est justement cet écart qui peut être pertinent à étudier avec les élèves. Les Serious Games, à cause de leurs aspects sérieux et leurs prises de distance avec le jeu, ne permettent pas autant d’interaction.
Le jeu vidéo mérite d’être utilisé, non pas comme un simple « logiciel d’application des connaissances », comme j’ai pu le faire avec Sim City, mais comme un média à part entière, vecteur de représentations et d’idéologies.

Il reste évidemment les problèmes d’équipements et de formation des enseignants à ce média, que j’ai déjà évoqués par ailleurs.

Ma séance est perfectible. L’année prochaine, je retenterai l’expérience en proposant une analyse du jeu plus poussée, sûrement en utilisant un tableau à double entrée (Jeux vidéo/Réalité) sur les différents thèmes abordés.
De même, je pense intégrer une question sur l’expérience ludique dans l’évaluation sur ce chapitre.
Il faudrait également proposer une autre production écrite en parallèle de l’activité, celle décrite plus haut ayant surtout servi à verbaliser leurs propos pour l’analyse en classe.

Il ne s’agit pas d’ériger une innovation pédagogique en modèle. Je suis assez méfiant concernant certaines pratiques placées sur un piédestal comme la classe inversée par exemple.
Pour moi, l’enseignant doit varier les postures pédagogiques, tout en faisant ce qui lui plaît et ce qu’il maîtrise, dans le cadre des programmes, sans céder à une pratique à la mode.

Le jeu vidéo n’a pas pour but d’en être une, mais la manette doit pouvoir trouver sa place, quelque part entre le tableau et le bureau, entre le pédagogique et le ludique.
Pour l’émergence de la ludagogie ?

ludagogieRomain Vincent, enseignant en Histoire-Géographie dans l’Académie de Créteil (@RomainHG)
Merci à Vincent Cuvilliers et à Patrice Arnaud pour leurs remarques et corrections.

 
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Commentaires (39)

  1. Souppalognon jeudi - 25 / 02 / 2016 Répondre

    « Il ne s’agit pas d’ériger une innovation pédagogique en modèle. Je suis assez méfiant concernant certaines pratiques placées sur un piédestal comme la classe inversée par exemple. »

    Qu’est-ce donc cela, classe inversée ?

  2. Isawa Greg jeudi - 25 / 02 / 2016 Répondre

    Les élèves construisent le cours grâce à des documents de différentes natures et stockés sur différents supports. Le professeur ne joue le rôle que d’animateur ou de conseiller afin de mener l’élève ou le groupe d’élève vers les savoirs qu’ils doivent construire eux-même. (Pour résumer)

    • Romain Vincent jeudi - 25 / 02 / 2016 Répondre

      Exactement.
      Je trouve la démarche intéressante mais j’ai un peu de mal avec sa généralisation et sa « promotion » sans recul critique.
      Je l’ai déjà pratiqué par intermittence, ceci dit.

  3. patapon jeudi - 25 / 02 / 2016 Répondre

    « Le Moyen-Âge est sûrement la période historique que l’on pense connaître le mieux. »
    Je suis médiéviste, j’ai enseigné en classe de 5e avant de passer à l’unversité, je me suis ETRANGLEE en lisant cette phrase.
    C’est précisément l’inverse : le Moyen Âge est la période que le Français moyen connaît le moins car c’est celle sur laquelle il a le plus de préjugés. Ces préjugés ont été méticuleusement organisés à 2 périodes : à la Renaissance, pour que les humanistes s’auto-dorent la pillule en prétendant que les siècles précédents étaient « obscurs » et au XIXe siècle où le roman national, en quête de figures charismatiques, a vidé de sa substance nombre de personnages médiévaux pour en faire des porte-étendards nationalistes (Jeanne d’Arc, le grand Ferré, les bourgeois de Calais, etc.).

    Bref, s’appuyer sur « les connaissances des élèves » pour « construire des savoirs » sur le Moyen Âge, c’est tout bonnement la PIRE idée possible, car ils nagent dans un océans de préjugés et d’idioties qui amènent les journalistes à répéter comme des perroquets « c’est moyenâgeux :V » (parce qu’en plus ils ne connaissent pas l’adjectif « médiéval », mais ne leur en demandons pas trop)

    • Romain Vincent jeudi - 25 / 02 / 2016 Répondre

      « Que l’on PENSE connaître le mieux » oui. Je fais ici références aux préjugés de la période.
      Je ne m’appuie pas sur les connaissances des élèves, je m’appuie sur leurs préjugés, justement pour les déconstruire, à travers le jeu.

      Par avance, je vous remercie de lire l’article jusqu’au bout avant de vous étrangler, ça serait dommage.

      Cordialement.

      • Babenco jeudi - 25 / 02 / 2016 Répondre

        Faut dire, qu’est-ce qu’ils sont bêtes ces gamins de 5e à ne rien y connaître au Moyen Âge et à être bourré de préjugés !

        Article très intéressant notamment pour le retour en classe. Prof de SES, je n’ai pas essayé le jeu vidéo avec mes élèves mais le jeu tout court et je me suis retrouvé confronté aux mêmes interrogations : qu’est-ce qu’ils vont en retenir ? Une fois un peu de temps écoulé, et une trace écrite douteuse sur le cahier, vont-ils se souvenir qu’on n’a pas fait ça pour se divertir (seulement) mais aussi pour apprendre ? Je n’ai pas eu le courage en tout cas d’essayer pour l’instant.

        En tout cas, cela confirme que comme toute expérience pédagogique innovante, il faut la penser à fond en amont. Le support vidéoludique est pertinent si l’on sait clairement comment on souhaite s’en servir, et il n’est certainement pas mobilisable pour tout…

        Merci pour ce partage d’expérience en tout cas ! J’attends les autres avec impatience.

        • Romain Vincent vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

          C’est en effet un exercice périlleux et qui mérite encore d’être affiné.
          C’est pour cela que, sur le trace écrite, je n’ai pas toujours comparé avec le jeu, pour éviter les confusions.
          D’où l’idée d’un tableau à double entrée (jeu/réalité) pour l’année prochaine, qui pourrait être plus simple à comprendre pour eux.

        • Romain Vincent vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

          C’est toute la difficulté de ce type de séance! C’est pour cela que je propose une analyse calquée sur celle que l’on peut faire d’un extrait de film : afin de se servir des représentations.

          Les SES et l’HG sont des disciplines qui peuvent être très utiles pour décrypter le jeu vidéo. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez tenter quelque chose à ce niveau ! J’aimerai beaucoup travailler avec d’autres collègues autour de cette problématique.

      • patapon vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

        Oh mais je l’ai lu votre article.
        Et je trouve votre méthode très médiocre? Qu’ont appris vos élèves sur le Moyen Âge ? Tout ce qu’on voit, c’est que vous leur avez amené un jeu avec des informations erronées (d’où les demandes d’explication des élèves) ce qui, au final, a produit du divertissement pour les élèves (cool on joue) mais aucune connaissance réellement construite. Pour vos élèves, il y a au final ce que vous avez confirmé comme juste dans le jeu et ce que vous avez réfuté. Ils n’ont pas eu le cheminement logique pour comprendre, par exemple, qu’est-ce qu’un noble et comment cette classe sociale s’est formée aux tournants des Xe et XIe siècles. C’est très médiocre car vous ne construisez rien.

        Et ne me sortez pas la phrase « je m’appuie sur les préjugés pour les déconstruire », c’est une mantra vieille de 50 ans, il faut détailler ce que vous faites avec cette mantra car aujourd’hui cela ne suffit plus de dire ça pour paraître sérieux.

        Vraiment, réfléchissez à ce qu’ils retirent comme savoirs de votre cours. Vue l’article, je dirais très peu.

        • Romain Vincent vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

          Mais vous avez lu les cahiers de mes élèves?
          Vous auriez préférez que je les scanne? Pourquoi pas, à l’avenir.

          Que la séance soit perfectible, je le reconnais bien volontiers.

          Que vous insinuez que mon cours ne comporte que les données du jeu, c’est ridicule.

          • patapon vendredi - 26 / 02 / 2016

            ce qui est ridicule c’est de croire qu’il y a un intérêt heuristique à présenter un jeu qui comporte une vision stéréotypée et américaine du Moyen Âge européen. Stronghold c’était pas une bonne idée. Je ne connais personnellement aucun jeu qui offre une représentation satisfaisante du Moyen Âge. Cela pourrait marcher, peut être, avec la période contemporaine et certains assassin creed, et encore. Mais là vous vous fourvoyez à la fois dans le choix de support et dans la méthode qui a l’air très empirique, assez basique et pas très réfléchie.

            Je serai heureuse le jour où vous présenterez quelque chose de convaincant dans l’usage du jeu vidéo en classe, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Ne prenez pas ça personnellement, réfléchissez plutôt.

          • Romain Vincent vendredi - 26 / 02 / 2016

            Vous n’avez pas compris ma démarche ou alors je me suis mal exprimé, et je le regrette.

            A suivre.

          • Fro-Mage vendredi - 26 / 02 / 2016

            @ patapon : « Je ne connais personnellement aucun jeu qui offre une représentation satisfaisante du Moyen Âge. Cela pourrait marcher, peut être, avec la période contemporaine et certains assassin creed, et encore. »
            Pour le coup, c’est Jean-Luc Mélenchon qui s’étrangle 😀

    • Lucius vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

      J’ai quelques difficultés avec Patapon. Comment peut-on à la fois être aussi méprisant et hautain d’un côté, et être incapable de lire une phrase simple de l’autre.

      Il n’y a aucune ambiguïté sur le sens de la phrase suivante :

      « Le Moyen-Âge est sûrement la période historique que l’on pense connaître le mieux. »

      De manière implicite, la phrase sous-tend que justement, on ne connaît pas bien cette période (et trop souvent au travers de préjugés). En substance vous dites « Ce n’est pas du tout ça » tout en répétant cette même idée.

      Dois-je en déduire que vous êtes un professeur d’université médiocre ?

      En même temps vous enseignez à l’université, je me gausse en pensant aux pauvres 5éme qui ont pu subir une personne aussi pédante. J’en vois régulièrement des enseignants de ce genre : premier de la classe, passionné par leur matière, doué dans ce qu’ils font. Ce sont souvent de mauvais professeur incapable de comprendre qu’un élève :
      – N’en a rien à battre de sa matière
      – N’a pas sa maturité intellectuelle, ni même forcément ses capacités intellectuelles
      – N’est pas lui quand il était au collège

      Oh certes, cela fait un peu psychologie de comptoir. Mais en même temps vu la pauvreté intellectuelle et pédagogique de la critique que vous avez énoncé (en vous basant essentiellement sur du vent), vous ne méritiez pas moins.

      • Bob lundi - 29 / 02 / 2016 Répondre

        Pour ajouter au moulin contre Patapon, je suis aussi historien, et j’ai souvenir de mon premier cours d’intro du MA à la fac : notre prof (MCF si ça doit compter, parce que dans ses propos on sent une bonne dose de supériorité académique) nous avais dis qu’il avait commencé tout jeune l’histoire avec « l’histoire de France en bande dessinée ». Il s’avère que j’ai aussi commencé par ça vers 6-7 ans. Or, rien de pire que cette bédé (sauf peut-être Deutsch) qui est un ramassis de lieux communs tirés du petit Lavisse. Et pourtant, ça m’a fais rêver et aimer l’histoire.
        Et bim des flèches qui tombent sur les vikings, et bam aetius qui fait fuir attila !
        Vous pensez vraiment que c’est en 5eme qu’on peut voir l’emergence de la noblesse ? Mais enfin, en 5eme les élèves savent à peine situer la 1ere Guerre Mondiale, et vous voudriez faire un cours d’histoire des classes sociales ? Je rêve.
        Mais j’ai rencontré déjà beaucoup d’historien qui, sous pretexte que la discipline demande une grande rigueur, s’érige en ayatollah des savoirs. Une posture pédagogique qui, comme le petit Lavisse, sent bon la III République aussi…

    • Kitsune-Dono vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

      Chers MM. Vincent et Patapon,
      Bien que je n’ai pas de très loin vos connaissances en Histoire, il me semble que j’ai du coup le point de vu d’un novice, un point de vu extérieur et moins subjectif.
      Ces enfants de 5ème seraient bien en peine de comprendre la construction qui entoure le M-A s’ils n’ont que peu de représentation à son égard. Dans la mesure ou c’est une démarche initiatique, il me semble que foncer bille en tête sur l’instauration des préjugés, leurs tenants et leurs aboutissant, auprès de jeune de 12 ans, serait présomptueux.
      Si je peux me permettre Patapon, je pense que vous avez le regard d’un expert qui refuse que qui que ce soit dise quoi que ce soit de son domaine d’expertise, par peur des approximations. Ce qui se justifie parfaitement dans la recherche ou dans les médias traditionnels, mais moins dans un collège, selon moi.
      Cela étant dit, vous soulevez un point intéressant : quand et comment aborder la question de la construction des préjugés ? Et n’est-il pas possible selon vous de faire une séance de débriefing, une fois que l’attention des élèves est toute acquise ?

      • Soufyene samedi - 27 / 02 / 2016 Répondre

        Bonjour
        Au delà des connaissances historiques qu’ils auront oublié dans deux mois de toute façon, votre méthode semble les amener à travailler sur des compétences intéressantes : être capable d’avoir un recul historique sur une oeuvre culturelle; face à un discours, vérifier les informations à l’aide de sources.

        Un jeu, comme un film ou un article de journal sont les vecteurs de messages. Le boulo d’un prof d’histoire est de donner la possibilité de faire la part des choses entre le message, le but de l’émeteur, et la véracité du message.

        Je pense que c’est beaucoup plus important de former les élèves à avoir un regard critique sur leurs médias – ici les jeux-vidéos – qu’ à apprendre quelques dates ou notions historiques.

        Je ne parle pas de toutes les disciplines travaillées en même temps : maths, économie, langue (français ou anglais)…

        En tout cas je trouve très courageux d’innover à partir des jeux-vidéos. Une pratique intéressante pourrait consister à initier les élèves à la création de jeux-vidéos, à l’aide de logiciels simplifiés (type game factory). Ce serait peut-être réalisable plus facilement à l’école élémentaire, où il est plus simple de travailler de manière pluridisciplinaire. Mais cela permet de travailler la logique, la capacité d’abstraction, les valeurs, variables et autres outils mathématiques qui prennent du sens quand on les utilise. A creuser
        Bon courage pour la suite

        • oannes mercredi - 02 / 03 / 2016 Répondre

          Sérieux ? Faut faire rêver les gosses en 5ème en leur disant de la merde puis leur dire plus tard qu’en fait non, c’était pas ça l’Histoire mais juste un appât ?
          Moi on me racontait la vraie Antiquité, le vrai Moyen Âge, et ça me passionnait tout autant.

          Sinon demain on tease sur la biologie en expliquant aux 5ème qu’on est un produit extraterrestre fabriqué en labo et pour ce qui est de la physique, qu’on est des hologrammes régis par un ordinateur de poney.

          • Romain Vincent mercredi - 02 / 03 / 2016

            Votre commentaire est un sacré appât.
            Et je ne mordrai pas.
            Cordialement

    • doudoudou mardi - 08 / 03 / 2016 Répondre

      Patapon (outre toute la mauvaise foi et la pédanterie soulignée ailleurs) parle de l’intérêt heuristique à utiliser des jeux vidéos comportant une vision stéréotypée.

      Romain lui répond alors en se focalisant sur cette attaque, mais cela limite clairement le débat. Il y a autre chose à discuter, plus intéressant, avec un peu plus de recul…

    • Planchet 2.0 samedi - 12 / 03 / 2016 Répondre

      c’est exactement le type de prof que j’ai eu au collège, et à la fac, et qui enseigne plus par goût de l’élitisme et de la rigueur, 0 ouverture d’esprit, et aucune capacité à concevoir l’adaptation.

      Perso je suis d’une formation de médieviste et je peux te dire que ton côté hermionne granger, on s’en racle le gosier. typiquement le genre à être capable à te vanter la beauté de l’évolution du latin en francique sous l’infleunce germanique, et à descendre les élèves parce qu’ils utilisent des anglicismes.
      Chui pas mal véhément, on m’excusera du peu. Mais jdois dire que ça me remonte un peu quand je vois que ca se prétend une certaine autorité, et que ça l’utilise pour fermer les esprits en utilisant toute une posture bourdieusienne que je prendrais même pas la peine de décrire ici.

      L’intérêt de l’école, c’est de faire découvrir, de transmettre un savoir., sous toutes ses formes. tu as beau dire ce que tu veux, moi ce qui m’a donné le gout du M-A c’est coeur de dragon et willow. après ça à l’école a part me bourrer le crâne bêtement avec li « serf », où encore pire :les « gaulois » (ce qui est une belle connerie quand on connait un peu la chose), on a jamais essayé de me captiver comme ce prof le fait.

      dommage, ça m’aurait évité de devoir attendre la fac pour découvrir une période fabuleuse…
      et tout ça à cause de coeur de dragon…

      Bref,

      Dans tous les cas, c’est une excellente

  4. Groutchmeu vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

    Très intéressant ! On en redemande

  5. DrCrumble vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

    Le jeu vidéo en cours pourquoi pas. Je me rappelle une séance au collège (il y a 7 ans du coup) durant laquelle notre professeur nous avait fait nous promener dans des reconstitutions de châteaux forts via des mods sur Mount & Blade lorsque nous avions étudié leur architecture. C’était pas mal du tout puisque les modèles avaient été construits dans un but de réalisme historique. Pour Stronghold je ne sais pas, j’ai assez peu joué au jeu et je me demande comment ce genre de jeux de gestion peuvent être efficaces sur le plan pédagogique car ils comportent nombre d’incohérences historiques, simplifications et clichés dans une optique ludique. Après, le cours est construit en conséquence et permet de démêler le vrai du faux. Cela ne crée-t-il pas des « embrouillements » dans la tête des élèves ? (Ce n’est pas une critique, je suis très curieux de la réponse)

    • Romain Vincent vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

      Ah c’est intéressant ! Tu aurais les contacts de ce professeur? Cette séance m’intéresse.
      Oui, tout l’intérêt de cette séance est de profiter des incohérences du jeu, comme je l’explique.
      Mais ta question est évidemment très juste, et c’est le coeur de mon raisonnement. J’ai décidé d’affronter les représentations.
      Des confusions? Non, pas vraiment. Mais vu que je n’ai pas décidé de les évaluer dessus, pour cette année, je n’ai pas vraiment pu le mesurer.
      Je trouve que, vu qu’on est en fasse d’un « jeu », c’est assez simple pour eux de comprendre qu’on est en fasse d’une représentation peu réaliste de la période.

      • MonkeyMihawk jeudi - 03 / 03 / 2016 Répondre

        En face d’un jeu oui, mais aussi en face d’un professeur auquel ils accordent un certain crédit. Le fait que le jeu soit ancien, et donc d’une autre génération peux de plus les détacher des codes des jeux vidéos qu’ils connaissent. Je trouves vos articles passionnant, mais je ne peux pas m’empêcher à chaque fois de me demander si les élèves sont conscients qu’ils participent à une expérience et qu’ils doivent user de leur esprit critique sur le moment qu’ils passent. Je crois foncièrement que vos méthodes font bouger les lignes dans le bon sens, et que c’est un travail de passionné, en revanche la jeunesse de vos étudiants me fait aussi peur.

  6. DrCrumble vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

    Non malheureusement je n’ai plus son contact, comme je l’ai dit, j’ai quitté le collège il y a longtemps déjà ! Le souvenir que j’ai c’est qu’il nous avait donné au préalable le vocabulaire propre aux éléments constituant le château fort et nous avait demandé d’identifier ces éléments en jeu. Par la suite on avait également eu droit à une séance de comparaison des ces construction entre le XIIIe et XIVe siècle (je ne sais plus exactement, mais un truc dans ce goût-là).

  7. Fro-Mage vendredi - 26 / 02 / 2016 Répondre

    Je ne savais pas que JVH chroniquait pour le Nesblog ! J’ai découvert tes vidéos lorsque Mehdi t’a cité dans sa vidéo sur la représentation des personnages Arabes dans le jeu vidéo, j’ai vraiment accroché à ton concept !
    Ça fait plaisir de te retrouver ici.

    Attention : sur clionautes, tu n’as pas inséré la vidéo, il y à la place un bandeau [Insérer vidéo] 😉

    • Romain Vincent lundi - 29 / 02 / 2016 Répondre

      Merci beaucoup !

  8. Sacha samedi - 27 / 02 / 2016 Répondre

    Article très intéressant !
    S’il est vrai que civilisation et age of empire 2 sont plutôt difficile à maitriser et même à prendre en main pour un enfant, force est de constater que le jeu nous pousse à beaucoup développer l’agriculture dans les deux jeux, pour avoir une économie florissante. On voit donc que la réalité historique est respecté puisque le tiers état était majoritairement dans les champs …

  9. Xewell samedi - 27 / 02 / 2016 Répondre

    Cela me rappelle justement ma 5eme ou 6eme, je ne sais plus c’était il y a longtemps ).
    Durant les vacances scolaires j’avais beaucoup joué à Civilisation premier du nom ( sur disquettes, oui oui ! ). J’ai beaucoup joué à ce jeu n’ayant que celui là.

    Lors de ma rentrée scolaire, premier cours d’histoire/géo, la prof nous parle du moyen-âge et nous pose plusieurs questions auxquelles la classe reste muette. Etant de nature discrète je prend mon courage à deux main, et j’en lève une… Et à partir de là ce fût un vrai dialogue qui c’est instauré entre elle et moi. J’ai énoncé des thermes comme « irrigation », « aqueduc » ou autres « maçonnerie » qui m’ont valus un 20/20 sur comme première note de l’année.
    J’ai été le premier surpris, et je n’ai pas osé dire que ces connaissances découlaient de mon expérience sur un jeu ( qui était en anglais qui plus est ). Peu être par honte, car le jeu vidéo n’était pas vu d’un très bon oeil à l’époque ( ça n’a pas beaucoup changé pour certains me direz-vous ).

    Mais j’en ai tiré une grande fierté. Et je ne parlerais pas ici de mes progrès en anglais grâce, en partie, aux jeux vidéos.

    Quoi qu’il en soit, je trouve votre démarche très intéressante, voir même logique si l’on compare le média vidéo ludique avec celui du cinéma comme vous l’avez fait. Et effectivement il faut le perfectionner pour que cela ne soit pas juste « des élèves qui jouent en classe ». Mais il faut bien des pionniers.

    Concernant le faux débat de Patapon, sachez que l’on parle là d’une classe de 5eme, à laquelle, je pense, il faut inculquer les bases, pas d’une classe d’université quelconque où l’enseignement de la matière est plus approfondie.
    Attention je ne dis pas que ce ne doit être qu’un survol de la période avec une place à l’erreur, au contraire. Mais il y a une différence entre savoir ce qu’était le moyen-âge et être historien.
    Votre argumentation, chère Patapon, est débattable, mais je ressens beaucoup d’agressivité dans celle-ci, ce qui prouve votre attachement au sujet certes, mais nuit gravement a tout dialogue que l’on voudrait avoir avec vous. C’est dommage.

    Sur ce, bonne continuation a vous R.V. J’aurais aimé avoir un prof qui, comme vous, semble aimer son métier qui consiste à partager ses connaissances et qui se creuse la tête à trouver des moyens ludiques de le faire, et non à balancer un « programme » éducatif à la figure d’élèves dont leur référent n’a que faire.

    Cordialement.

  10. Glubibulga dimanche - 28 / 02 / 2016 Répondre

    J’aime beaucoup cette démarche d’apprentissage par le jeu, et j’apprécie ces expériences.
    Mais cette fois-ci, pour la première fois, je l’ai trouvée un peu forcée.

    Pour Versailles, je trouvais le jeu pertinent. Le support paraissait aussi valable qu’un texte/tableau plus traditionnel.
    Je ressentait un « il me faut un support de cours, et j’en ai un parfait qui se trouve être un jeu vidéo ».

    Le petit paragraphe démontrant la difficulté à trouver le jeu suggère un choix fait « par défaut ».
    Ça me donne l’impression d’un « il me faut absolument un jeu vidéo comme support, j’en ai un qui fera l’affaire ».

    Je vois une différence morale dans la démarche, je ne vois pas l’évidence de la présence de ce jeu ici.
    Je ne suis pas prof, ni n’ai la prétention de juger un travail dont j’ignore beaucoup, j’exprime juste une impression externe.
    Uniquement sur cet article, vos précédents travaux ne m’ont laissé que de bonnes impressions.

    • Romain Vincent dimanche - 28 / 02 / 2016 Répondre

      Je comprends tout à fait votre remarque.
      Cette année, je voulais vraiment aborder le Moyen-Âge via une oeuvre de fiction. Mais laquelle? Film, série, BD…? Ma culture personnelle m’a évidemment poussé vers le jeu vidéo.

      Je vois bien le soucis avec ce paragraphe dans lequel j’explique mes choix, je me suis même fais la réflexion. Mais je n’avais pas de premier choix, Stronghold n’est pas venu en dernier dans ma liste. Je voulais juste expliquer que, justement, on ne peut pas utiliser un jeu vidéo en classe sous n’importe quel prétexte.

      Au fait, vous êtes plusieurs à le faire, mais vous n’avez pas à vous « excuser » de ne pas être prof pour critiquer ma démarche, au contraire même.

  11. Voyageur dimanche - 28 / 02 / 2016 Répondre

    Merci de cette expérience.
    Étant en SVT j’ai un peu plus de mal à trouver les logiciels en adéquation pour le moment, car si on a beaucoup d’applications, peu de jeux vidéo classiques abordent nos thèmes.
    S’il y a d’autres expériences du type ne pas hésiter à les poster 🙂

    • totocrado mercredi - 09 / 03 / 2016 Répondre

      Surgeon simulator ?

  12. Kefa lundi - 29 / 02 / 2016 Répondre

    Étant historien moi-même et enseignant aux 5e, passionné de jeux vidéos en tous genres, je ne peux qu’applaudir à la démarche.
    Seulement, elle nous renvoi aux difficultés qu’il y a à faire construire une savoir par les élèves avec les jeux vidéos. Stronghold, AoE II, Médiéval TW, j’en passe, je les connais par coeur, ils sont tous inexacts, tous balancent dans le préjugé, l’historicité n’est d’ailleurs pas le business plan des développeurs.
    Certains profs font jouer leurs 3e à des wargame sur la guerre froide, ou sur la seconde guerre mondiale. Pourquoi pas, il faut creuser, je dis.
    Pour ma part, je me lance dans le jeu de société, je trouve cela plus facile à mettre en oeuvre, moins galère et on est pas dépendant des contraintes matérielles (pour les poissards comme moi, ça compte 🙂 )
    Continuez ainsi ! Moi j’ai appris l’Histoire avec Age of Empire I et II, avec l’Histoire en bande dessiné dont je ne peux que déplorer la qualité de leurs rééditions ou de leurs nouvelles versions concurrentes, qui justement veulent un nouveau régime d’historicité et se plantent car c’est chiant… sans âme ni passion, ni sang ni chair.

    • Romain Vincent lundi - 29 / 02 / 2016 Répondre

      Merci beaucoup pour ce commentaire.
      L’utilisation de jeu de société en cours pourrait parfaitement entrer dans le cadre de la chronique ! N’hésitez pas à me contacter.

  13. huttfactory lundi - 29 / 02 / 2016 Répondre

    Jeune enseignant au collège et passionné de jv aussi, mon sentiment est le même que dans le commentaire que j’avais laissé sur SimCity.
    Je félicite M.Vincent pour son audace, la séance à l’air bien ficelée, nous est bien présentée, les enfants ont l’air d’avoir passé un bon moment et le tout semble rentrer dans une démarche cohérente et réfléchie. Néanmoins, et de nouveau c’est un crève-cœur pour un fan d’objets ludiques comme moi de tenir ce propos, mais je ne partage pas cet enthousiasme, et même je désapprouve (sans qu’aucune critique ne soit portée à l’auteur).
    Au même titre que je considérais un tycoon comme SimCity incapable de soutenir, même vulgairement, une introduction à l’espace proche et à l’aménagement, un jeu de gestion comme Stronghold (au même titre qu’un rts comme AOE2) ne peut que caricaturer par des mécaniques de jeux des idées sur le Moyen-Âge, et c’est du coup troquer les clichés communs du Moyen-Âge présentés dans l’introduction, par d’autres. J’entends bien l’intention très louable de mettre l’enfant en posture active, intéressée et de fournir en même temps que l’activité ludique un imagier du monde médiéval du XI-XIIème siècle occidental, mais une fois de plus, les méthodes classiques restent, inexorablement, les seules capables d’allier mise au travail des élèves, semblant de rigueur scientifique et adéquation aux exigences des programmes. Mais je suis mille fois d’accord qu’il faut travailler à rendre les supports classiques plus vivants, plus intéressants, plus jeunes et utiliser la technologie. Mais pas le jeux-vidéo, ça me désole mais j’en suis convaincu.
    J’adorerai, je rêverai que le jv puisse devenir un support pour les enseignants (et pas que HG, imaginez Besiege en techno ou au lycée en physique), mais trop d’objections scientifiques, méthodologiques, didactiques etc. me font renoncer tout net, et je m’y résigne même en étant jeune, pas conservateur pour deux sous et pourtant fan de jv.

    Je vais épargner aux lecteurs du NesBlog comme à l’auteur la teneur des objections seulement didactiques qui me conduisent à ma déprimante résignation voire désapprobation, car cela, c’est du langage de prof et ça n’intéresse pas tout le monde.
    En tout cas, comme toujours, cela est dit sans aucune malice envers l’auteur, que je félicite une fois de plus d’essayer des choses nouvelles. Pour ma part j’expérimente des sous-mécanismes ludiques dérivés du jeu de rôle, avec des succès irréguliers, mais chacun sa cuisine.

    • Romain Vincent lundi - 29 / 02 / 2016 Répondre

      Merci pour ce commentaire.

      Concernant Sim City, utiliser de cette manière, je suis parfaitement d’accord. Je l’ai d’ailleurs formulé dans cet article.

      Pour Stronghold, je le suis un peu moins.
      Ma pratique ne se limite pas à rendre l’élève actif, tout comme les connaissances ne se sont pas limitées à ce que proposait le jeu.
      Le but de cette séquence est peut être plus, finalement, une éducation, un décryptage du média vidéoludique, plutôt que de pratiquer uniquement ma discipline.

      Je n’utilise pas le jeu vidéo juste pour paraître plus cool aux yeux des élèves ou aux yeux du « public ». Je pense que j’essaye d’instaurer une vraie démarche à travers cela. Cependant, concernant celle-ci, les élèves sont peut être encore un peu jeune. Peut être que tout cela serait plus pertinent dans un lycée…
      Par contre, je vous rejoins concernant les méthodes classiques ! Le discours culpabilisant autour des cours magistraux et dialogués m’agace profondément. Le reste de mon cours était sous cette forme et visait à leur faire comprendre ce que le jeu comportait de réels (les pouvoirs d’un seigneur, les cultures paysannes, tout en apprenant à gérer un budget et des récoltes), ses erreurs, et les raisons de celles-ci.

      Encore une fois, je comprends tout à fait vos remarques, même si pour Stronghold, elles me semblent un peu caricaturales par rapport à ce que j’ai proposé dans cet article. Mais peut être ai-je mal compris !

      Au plaisir de vous lire, vos retours sont toujours instructifs.

  14. doudoudou mardi - 08 / 03 / 2016 Répondre

    Bravo pour ce travail de défrichage. Toujours heureux de vous voir actif dans les colonnes de Nesblog. Keep up !

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