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« M’sieur, quand est-ce qu’on joue? »

« M’sieur, quand est-ce qu’on joue? »

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D’habitude, c’est à mes élèves de remplir une petite fiche de présentation quand vient le mois de septembre. Inversons les rôles :
je m’appelle Romain Vincent et je suis enseignant en Histoire-Géographie dans l’académie de Créteil depuis 2010.
Cette première contribution vise à présenter mes différentes activités liant mon métier et les jeux vidéo.

En tant qu’enseignant, je vous raconterai comment j’utilise des œuvres vidéoludiques en classe : je partagerai mes séquences pédagogiques ainsi que des pistes de réflexion sur l’enseignement grâce au jeu, tout en vous transmettant au maximum les réactions de mes élèves.
En tant qu’historien de formation, je vous proposerai également mes analyses de la représentation du passé dans les jeux vidéo à travers mes chroniques vidéos.

« Faire des cours ludiques? Tu plaisantes? »

De ma première année d’enseignant, je garderai sûrement cette phrase prononcée par une collègue plus expérimentée afin de m’inculquer le dogme du professeur éthique et responsable.
Si la réflexion peut surprendre de nos jours, l’analyser n’en est pas forcément inutile.

Balayons rapidement les stéréotypes : les enseignants jouent et font jouer. Que ce soit pour accroître la motivation des élèves ou acquérir certaines capacités, le jeu a toute sa place dans différentes disciplines.

L’utilisation du jeu dans les matières techniques et scientifiques semble immédiatement naturelle, il suffit de voir le succès rencontré par Stéphane Cloatre, enseignant en Technologie, dans son utilisation de Minecraft avec ses élèves du collège Jeanne d’Arc de Fougères. Ses différentes activités sont disponibles sur son site internet.

Peut-on jouer en Histoire-Géo ?

Dans mes matières, le rapport est moins évident, surtout en Histoire, discipline n’aimant guère la distorsion et les écarts avec la réalité.
Pourtant, des initiatives existent : citons par exemple les travaux d’Yvan Hochet, créateur du Réseau Ludus. Il a proposé plusieurs séquences à l’aide de jeux vidéo, comme Sim City, dont nous reparlerons plus loin, ou Lord Of The Realm II, un soft de gestion de seigneurie médiévale.

Cependant, à part quelques expériences individuelles, on peine à voir émerger une politique globale et durable autour de la place du jeu vidéo en classe.

De mon côté, malgré l’austérité de mon aînée, la passion du jeu vidéo ne m’a jamais vraiment quitté, et les travaux récents de nombreux chercheurs m’ont conforté dans l’idée que ce medium était un objet d’étude à part entière.

Ainsi, l’innovation pédagogique étant un terme à la mode dans l’institution, l’année scolaire dernière fut marquée par mon premiers cours utilisant un jeu vidéo :

L’objectif était de faire reproduire à mes élèves le modèle urbain américain que nous avons étudié ensemble en classe, comme Yvan Hochet l’avait précédemment réalisé.
Si on excepte le niveau de décibels plus élevé qu’à l’accoutumée, la séance fut plutôt plaisante, que ce soit pour les élèves et pour moi.
Contrairement à une idée reçue, faire jouer les élèves ne vise pas qu’à raccrocher ceux qui sont en difficultés. Comme on le voit, Sim City permet le réinvestissement des connaissances du cours par un travail collaboratif : par groupe de 2 ou de 3, les élèves échangent et argumentent sur leurs choix d’aménagement.
De plus, loin d’être limité par un corpus documentaire prédéfini, l’élève a une plus grande liberté de répondre à la problématique du cours, tout en étant moins pénaliser par l’échec : il suffit de lancer une nouvelle partie pour se retrouver face à un terrain vierge de toute construction…
Séance intéressante donc, mais encore loin d’être suffisante.

En effet, le jeu vidéo est modulable, adaptable. L’étape suivante serait donc de pouvoir proposer plusieurs scénarii (villes déjà existantes avec des problèmes spécifiques à résoudre : pollution, criminalité…) adaptés à l’hétérogénéité de niveau d’une classe.
Le jeu vidéo entretenant constamment un rapport avec l’espace, son utilisation en Géographie est donc naturelle.
En Histoire, le choix des jeux semble plus restreint : une partie des Serious Games n’offre d’ailleurs qu’une simple transposition des city-builders classiques.

cité romaine
Le serious game « Construis ta cité romaine »

Attention cependant à ne pas caricaturer les serious games comme des productions tristes et inintéressantes : les œuvres de qualité émergent progressivement, citons ainsi les exemples récents de Sauvons Le Louvre (FranceTV Education, 2014) ou Vivre au temps des châteaux forts (Académie de Caen, 2015).
Pour ma part, j’ai décidé d’explorer la piste du détournement de jeux vidéo « classiques ».
Versailles, complot à la cour du Roi Soleil, ancêtre des serious games actuels, me semblait tout indiqué pour proposer une séquence sur l’absolutisme, autour de plusieurs exercices différenciés.

L’intérêt du gameplay de Versailles est sa facilité d’accès car, si le jeu vidéo permet d’apprendre, encore faut-il savoir jouer !

Autant le dire tout de suite : estimer que la génération d’adolescents actuelle est née avec une manette en main m’agace un peu.
Si cette génération est évidemment davantage équipée et connectée, appréhender un univers virtuel n’est pas forcément naturel.
Certains enseignants se sont d’ailleurs retrouvés face à ce problème en proposant à leurs élèves de diriger Altaïr, Ezio et autres protagonistes de la série Assassin’s Creed.

N’oublions pas les contraintes techniques. L’équipement informatique des établissements scolaires ne suit pas une logique d’égalité républicaine et les disparités sont très fortes d’un collège à un autre.
En guise d’exemple, pour la séance Sim City, il a fallu :
– trouver une version instable sur Windows 7 via l’émulateur Dosbox (celle-ci pour les curieux : http://www.abandonware-france.org/ltf_abandon/ltf_jeu.php?id=680 )
– faire parvenir le fichier au responsable réseau de mon établissement
– installer tout ça sur les 15 ordinateurs de la salle dédiée.
Cette procédure a duré trois mois…

Si on peut apprendre en jouant, il faut donc également apprendre à jouer.

Jeu Vidéo et Histoire : une indispensable éducation au médium

Constatant années après années que les goûts vidéoludiques de mes élèves sont assez formatées (Fifa, Call Of et Pokemon dominent les discussions dans les cours de récré), j’anime également un Club Jeu Vidéo dans mon collège. Sans grande prétention pédagogique, l’idée est d’élargir leur culture en leur faisant découvrir l’histoire du jeu vidéo :

Les autres thèmes abordés au cours de l’année furent variés (Sonic, Shmup, BTA, Mario Kart…) afin de comprendre les notions de game et level design par différents biais.

Éduquer aux médias passe donc par la maîtrise technique de l’outil mais également par sa compréhension. Ainsi, il s’agît également d’interroger les représentations que peuvent véhiculer une œuvre vidéoludique, ce qui constitue le but premier de ma chaîne.
Ici, l’idée n’est pas se limiter à un jeu des sept différences entre la réalité et ce qu’offre le jeu. Au contraire même, il me semble particulièrement intéressant de se demander pourquoi un développeur en vient à tordre la réalité : pour des raisons de gameplay ? Pour des contraintes économiques ? Idéologiques ?
Pour les joueurs, enfants ou adultes, il est crucial de décortiquer des jeux qui se présentent comme des retranscriptions quasi sans faille de la réalité.
Souvent présenté comme le modèle absolu de jeu historique, Assassin’s Creed d’Ubisoft nous offre pourtant la vision d’un Moyen Âge bien lisse :

L’utilisation de l’uchronie ou d’éléments fantastiques dans le jeu vidéo nous éloigne-t-il forcément du réel ? Pas nécessairement.
Même si ce procédé demande une analyse plus fine et des pré-requis qu’un adolescent moyen ne saurait avoir, certains jeux traitant de la Première Guerre Mondiale permettent de mettre en avant les caractéristiques clés de ce conflit en utilisant monstres fantastiques, vélociraptors et autres procédés métaphoriques…

De plus, il convient pour un enseignant d’être vigilant face aux usages de l’Histoire. Si on décortique un extrait de film en classe, en expliquant ce qui est historiquement juste et ce qui ne l’est pas, la même démarche doit être appliquée au jeu vidéo.
Citons l’exemple de Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre (Ubisoft, 2014). Encensé par le grand public et la presse française, le jeu n’hésite pas à réutiliser (sans le mentionner!) de grandes figures historiques comme Jean Jaures.
Comme on le voit ci-dessous, le leader du parti socialiste est réincarné dans un personnage belliciste bien éloigné de son idéologie politique.

Jaures
Si modifier l’Histoire est souvent nécessaire pour l’adapter au gameplay, son instrumentalisation est plus contestable.

Pour finir, si on analyse ce qui est présent dans un jeu vidéo, il me semble également important d’étudier ce qui ne l’est pas: les périodes historiques sont-elles toutes traitées avec la même pertinence ? Certains sujets sont-ils tabous ?

wolf
Si les différentes batailles militaires de la Seconde Guerre Mondiale constituent des phases de jeux de bons nombres de softs, certains thèmes sont largement édulcorés voire totalement mis de côté.

Pour une publication prochaine, les vacances scolaires m’ont ainsi permis de travailler sur cette problématique.
Paradoxe de celui qui en saigne.

Romain Vincent, enseignant en Histoire-Géographie
Collège de l’Europe (Chelles, Académie de Créteil) (@RomainHG)

 
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Commentaires (34)

  1. Greensage mardi - 15 / 09 / 2015 Répondre

    En voie d’enseigner, et ayant aussi fait un dossier sur un <>, je ne suis cependant pas convaincu par ce que j’appellerais <> des jeux vidéos en classe. Tout au plus je pense que cela peut être des œuvres conseillées en dehors des cours, notamment utiles pour les profils kinesthésiques. Il y a une certaine tendance à l’inter- (interdisciplinaire, interconnecté, etc.) et on peut cependant se demander si il n’est pas salutaire qu’il y ait un temps exclusif au travail, et un autre pour le ludique…
    Un petit mot sur l’interprétation de certains éléments de jeux, notamment Soldats Inconnus, si il est vraisemblable que l’image fut prise de la photo composée de Jean Jaurès, il serait difficile de critiquer le message derrière cette représentation, car certainement qu’ils prennent différents documents d’époque qu’ils utilisent comme inspiration pour leurs dessins sans vouloir reprendre certains évènements précis. Je pense qu’il faut prendre cela comme un modeste clin d’oeil.
    Mais l’Idée de cette chronique est intéressante ! Surtout associée aux séquences. Je vous souhaite donc bonne chance et que cela se goupille bien, et pourquoi pas, peut-être me convaincre du contraire.

    • JAHLOVE mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

      « Un temps pour le travail, un temps pour le jeu » je m’excuse Greensage, mais cette phrase me mettait déjà hors de moi quand j’étais gamin, et maintenant je suis convaincu que c’est un non sens total.
      Car oui, au risque de surprendre beaucoup de gens, le travail c’est pas la vie !!!! il faut arrêter de perpétrer cette idée de m…. encore plus en ce qui concerne les enfants !
      De la primaire au lycée on a envie de tout faire sauf de « travailler » !!! vu que c’est ce que la société nous « promet » comme vie pour les 50 années restantes de notre existence !
      Donc trouver des alternatives pour l’éducation, la culture et l’assimilation de connaissances est une super idée, et c’est mettre du fun dans un des trucs les plus lourdingue de la vie : l’école ! et je valide à 100% ce que Mr. Romain Vincent propose, car le jeu quand on a 10 ans, c’est 10000 fois plus intéressant et instructif que le « travail » bête et méchant d’une matière.
      Maintenant je pense qu’on est bien gentil à débattre de tout ca , mais en faite les seuls à pouvoir trancher ce sont les principaux intéressés.
      Demandez leurs aux gosses, si ils préfèrent avoir un prof qui utilise tout ce qu’il a dans ses mains pour leurs faire comprendre et assimiler quelques chose de manière digeste, ou un prof qui leurs fait apprendre et travailler pleins de trucs relou (quand on a cet âge) dont la moitié sera à peine assimilé et souvent uniquement pour la note qu’il y aura sur la copie.
      Si il vous en faut plus pour être convaincu, j’en ai encore en stock !
      à bon entendeur salut !

      Kaizoku ou ni ore wa naru !

      (la vache j’ai appris une phrase en jap en regardant un manga, et en m’amusant sans « travailler » WOOOOOOOOAAAAAWWWW !!!!!!!)

      • zoidbergforpresident mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

        Je suis d’accord.

        Qui plus est, plus le temps passe, plus je me dis que le « jeu », au sens large, est une composante de la majorité de ce que l’être humain fait dans la vie, le « sport » (qui est donc bien surtout un jeu dans l’écrasante majorité des cas), le travail, même la guerre est une forme de jeu…

        Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, mais si on ne tient pas compte du sommeil, le jeu est bel et bien l’activité majoritaire de l’être humain… il n’y a pas que les jeux d’enfnats, de cartes, de plateau et vidéos…

      • Greensage mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

        Je comprends Jahlove.

        Sur « le travail c’est pas la vie !!!! »
        je n’ai pas indiqué le contraire, et ce n’est un concept qui ne surprend plus vraiment personne en fait.

        Sur  » De la primaire au lycée on a envie de tout faire sauf de « travailler » !!! » Cela peut-être fastidieux en effet, mais ne faut il pas apprendre aussi à faire des efforts ? à résister aux impulsions ? Résistance qui, je pense, est un élément important dans l’épanouissement des individus, c’est d’ailleurs à la période du collège et du lycée que se développe le cortex préfrontal qui participe à la résistance cognitive, on peut estimer que c’est un coche à ne pas rater pour la formation de futurs adultes.

        Je le dis d’une autre manière : il n’est pas sûr que ces alternatives ne rejoignent pas des tendances, certaines déjà présentes, à dégrader la capacité de l’enseignement à susciter le goût de l’effort et de l’étude chez certains, ce qui est différent de susciter l’intérêt qui est, certes, essentiel, mais qui ne permet souvent qu’une relation superficielle avec les domaines évoqués, et, parfois, qui peut manquer de sens.

        • Rliyeh jeudi - 17 / 09 / 2015 Répondre

          juste pour apporter une petite précision afin que certaines choses soient remises dans leur contexte, le jeu est un apprentissage, c’est un fait que le règne animal ne cesse de démontrer (les chatons qui jouent par exemple). Le fait est que, apprendre en s’amusant permet de développer plus aisément nos capacités dans quelque domaine que ce soit (en terme intellectuel comme physique si je peux me permettre de dire). Être un individu rigoureux capable de faire des efforts et de résister aux impulsions, ne nécessite pas de passer par des étapes rébarbative dans la vie. Non, pour cela il faut simplement l’apprendre dans la vie de tous les jours, ce n’est pas aussi bien le passage au collège ou au lycée qui nous permet de devenir responsable, c’est la prise de conscience de l’individu que l’on est et, de ce que l’on désir ainsi que de la question des moyens que l’on est prêt à se donner pour y parvenir.Ensuite vient « l’éducation » avec des individu qui ont de l’expérience pour apprendre ainsi à savoir faire preuve de rigueur si je puis dire.

          ps: passer la première partie de sa vie sur les banc de l’école à devoir apprendre un « travail » et ensuite l’exercer… c’est assez ironique quand on sait que travail vient du terme tripalium, le tripalium étant un instrument de torture. D’un point de vue linguistique je me dit que « m’ennuyer » en cours pour ensuite passer la moitié de ma vie sur un instrument de torture… va à l’encontre de mes droits fondamentaux /pan (loin de moi cependant l’idée de dire que les cours sont forcément ennuyeux et que l’on va forcément s’ennuyer en cours)

          • JAHLOVE vendredi - 18 / 09 / 2015

            J’aime beaucoup ce que tu dis Rliyeh !
            Et qu’on soit d’accord ou pas Greensage ce débat est très intéressant et j’apprécie que cette chronique mène à ce genre d’échanges, et j’espère ne pas avoir paru trop agressif, car ce n’était pas mon intention.

            Bonne continuation à vous tous !
            Encore bravo au Nesblog pour ses chroniques passionnantes.

            One love.

          • Greensage vendredi - 18 / 09 / 2015

            à Rliyeh,

            « le jeu est un apprentissage, c’est un fait que le règne animal ne cesse de démontrer (les chatons qui jouent par exemple). Le fait est que, apprendre en s’amusant permet de développer plus aisément nos capacités dans quelque domaine que ce soit (en terme intellectuel comme physique si je peux me permettre de dire).  »

            C’est vrai, le jeu est entre autre un apprentissage. Et comme tu l’indiques bien, c’est un élément que l’on retrouve dans les interactions animales.

            Il y a ainsi certes un apprentissage, mais je me questionne sur la rentabilité pédagogique (ce que j’écrivais dans les deuxièmes guillemets).
            Déjà au niveau des moyens logistiques cela n’est pas forcément très abordable, ensuite le rapport entre apprentissage et temps d’utilisation de ce support peut aussi être certainement discutable.
            De plus, cela ne suffit pas à développer toutes les compétences. Certaines tâches demandent un raisonnement plus approfondi, plus complexe, que cela soit une démarche scientifique, l’analyse d’une lecture, une démonstration, ou la synthèse de différents éléments d’un chapitre…

            « Être un individu rigoureux capable de faire des efforts et de résister aux impulsions, ne nécessite pas de passer par des étapes rébarbative dans la vie. Non, pour cela il faut simplement l’apprendre dans la vie de tous les jours, ce n’est pas aussi bien le passage au collège ou au lycée qui nous permet de devenir responsable, c’est la prise de conscience de l’individu que l’on est et, de ce que l’on désir ainsi que de la question des moyens que l’on est prêt à se donner pour y parvenir.Ensuite vient « l’éducation » avec des individu qui ont de l’expérience pour apprendre ainsi à savoir faire preuve de rigueur si je puis dire. »

            Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris.
            Je trouve ardu de trouver une pléthore de situations propres à chacun dans la vie de tout les jours qui permettent aux individus de se dépasser intellectuellement…
            Et je me méfie du concept de l’individu qui s’émancipe par lui même dans la vie extrascolaire. Si il existe bien des individus qui rejoignent ce concept, j’ai plus à la pensée beaucoup de jeunes qui, chez eux, sont sur leurs technologies de communication et de divertissement avec souvent peu de recul, comportement qui se déroule logiquement selon notre société actuelle et que je ne critique pas directement.
            Dans ce cadre, comment peuvent-ils s’épanouir vraiment ? On parle des problèmes de l’école, mais je pense qu’en majorité le salut ne se trouve pas en dehors de ses murs.

            Pour autant, je pense qu’en tant qu’enseignant et éducateur, cette dernière nomination qui montre la nécessité d’aujourd’hui à éduquer les jeunes car notamment certains éléments parentaux ont des difficultés à jouer leur rôle éducatif, nous devrions réfléchir sur le fait que nous avons peut-être aussi un rôle à jouer dans le fait de les déconnecter de leur vision du temps hors scolaire, et leur en présenter une autre avec du sens, éloignée de leur sphère privée.

            Une vision qui en partie répond à ton dernier passage :
             » ps: passer la première partie de sa vie sur les banc de l’école à devoir apprendre un « travail » et ensuite l’exercer… c’est assez ironique quand on sait que travail vient du terme tripalium, le tripalium étant un instrument de torture. D’un point de vue linguistique je me dit que « m’ennuyer » en cours pour ensuite passer la moitié de ma vie sur un instrument de torture… va à l’encontre de mes droits fondamentaux /pan (loin de moi cependant l’idée de dire que les cours sont forcément ennuyeux et que l’on va forcément s’ennuyer en cours)  »

            Je pense que l’école a le potentiel de donner une vision différente du travail justement.

            C’est son étymologie en effet, mais depuis l’an 578, on peut estimer que les conditions de travail, si elles restent à améliorer, ont bien évoluées pour que l’on considère que cela soit d’un domaine différent de celui de la torture…

            D’ailleurs, c’est moins la vocation d’apprendre un travail que d’acquérir des connaissances générales, des notions de vivre ensemble, s’ouvrir l’esprit à d’autres choses que ses propres référentiels, et donc de s’ouvrir peut-être à un futur métier…

            à Jahlove,

             » Et qu’on soit d’accord ou pas Greensage ce débat est très intéressant et j’apprécie que cette chronique mène à ce genre d’échanges, et j’espère ne pas avoir paru trop agressif, car ce n’était pas mon intention. »

            Tout à fait ! Je pense qu’il est bon de débattre. Il n’y a pas de mal, tu m’as paru plus passionné qu’agressif ; )

  2. Greensage mardi - 15 / 09 / 2015 Répondre

    Les doubles guillemets ne passant pas :

    – au premier , il y a  » serious game »

    – au deuxième , il y a « rentabilité pédagogique »

  3. Jimmy Prof HG mardi - 15 / 09 / 2015 Répondre

    Bonjour collègue,
    Enseignant (aussi) l’histoire-géo (aussi) dans l’académie de Créteil (aussi), tes vidéos avaient éveillé mon intérêt. Je suis ravi de te voir participer à Nesblog.

    Je suis assez d’accord avec les diverses réflexions que tu présentes ici. La chance de notre académie étant aussi la jeunesse de ses professeurs, les remarques dont tu as pu faire l’objet sont moins à craindre.

    Une question me taraude tout de même. Tu as exposé la difficulté matérielle de mise en place d’une séance durant laquelle les élèves jouent. Cette difficulté rend donc cette expérience complexe à reproduire. Il semble que deux séances de ce type par an avec une classe représente un maximum. La rareté de ce dispositif pédagogique ne rend-il pas impossible l’objectif de progression des élèves quant à l’usage de l’outil « Jeu vidéo » ?

    Toujours est-il que ces travaux sont une bonne source d’inspiration pour ma propre pratique. Merci encore.

    A tchao

    • Romain Vincent samedi - 19 / 09 / 2015 Répondre

      Ta question est extrêmement pertinente et je ne peux lui donner une réponse actuellement…
      On ne peut actuellement faire une progression annuelle à travers l’utilisation de jeux vidéo, c’est sur et en même temps… Tant mieux, non?
      Je suis très loin d’être apôtre du numérique, je fais même des cours plutôt classiques le reste du temps. Disons que c’est une manière de diversifier sa pédagogie.

      Si tu en utilises un jour, je serai vraiment content de les partager, n’hésite pas à me contacter.

  4. El Randomino mardi - 15 / 09 / 2015 Répondre

    Tout d’abord, bienvenue sur le Nesblog !

    Je découvre votre travail et le parcours avec d’autant plus d’attention et d’intérêt que je me destine à devenir professeur des écoles.
    Je dois bien avouer qu’en tant que grand amateur de jeux vidéo, j’ai moi aussi commencé à cogiter quelque peu sur les intérêts didactiques qu’il pourrait offrir au sein d’une classe de maternelle (voir primaire), donc je suis très heureux de voir une trace concrète de ce genre « d’expériences » (d’autant plus au sein du Nesblog), même si c’est au niveau du secondaire.

    Ne me reste plus qu’à voir l’ensemble de vos vidéos, vous encourager à continuer dans ce sens, et à vous remercier par avance de tout ce que je risque de vous piquer honteusement.

    • Romain Vincent samedi - 19 / 09 / 2015 Répondre

      Merci pour votre commentaire. N’hésitez pas à me contacter si vous en utilisez un jour, je me ferai un plaisir de les partager.

  5. dealingtrap mardi - 15 / 09 / 2015 Répondre

    Très sympathique ajout au nesblog.

    Pour digresser, j’ai entendu parler de très bonnes utilisations de jeux de plateau en cours d’histoire-géo, en particulier avec diplomatie qui est assez facile à fabriquer en version géante à partir d’une carte et des stickers ou des aimants … ou utiliser une des nombreuses versions en ligne et un projecteur.
    Et il y en a plein d’autres, Timline, Memoire44 …
    Un point de départ sur le sujet (en anglais désolé):
    https://www.youtube.com/watch?v=TuizqFFnQqY

  6. Red_Coconut mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

    Une excellente initiative, je découvre ce projet et ces vidéos avec grand intérêt. Déjà parce que la question de la représentation historique à travers le jeu vidéo (entre autre) m’est chère, mais qui plus est parce que la question de l’apport du jeu dans l’enseignement mérite clairement d’être mise sur le tapis : pour avoir suivi des conférences en ESPE (ex-IUFM), c’est encore un sujet tabou, alors que les formateurs se prennent pour des révolutionnaires en « osant » préconiser le travail en groupes et l’apprentissage par la mise au travail (qui recoupe pourtant les mêmes mécanismes d’acquisition des connaissances).
    En bref, bienvenue au NESblog, et vivement le prochain numéro !

    • versus94 mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

      Cela doit différer selon la discipline car le travail en groupes et l’apprentissage par la mise au travail est ce qui est largement préconisé par l’ESPE pour la physique-chimie.

    • Romain Vincent samedi - 19 / 09 / 2015 Répondre

      C’est loin d’être un sujet tabou! Je suis en contact depuis l’année derrière avec un IPR qui utilise et encourage le jeu (pas forcément vidéo) en classe.
      Cela dépend des formateurs, je suppose.

      Merci pour ton message.

  7. Niouf mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

    Hey! Salut! Bienvenue sur le Nesblog!

    J’ai bien aimé les ‘JVH en classe’ et ‘JVh#4’, je trouve l’idée très intéressante! A continuer, c’est sûr. Les vidéos sont bien montés, c’est propre, c’est pro.

    Après, me destinant à l’enseignement de l’histoire, ça me relance dans le bas du pied (pour les ‘JVH en classe’): C’est peut-être la dernière période temporelle (disons 2013/2020) où on pourra réellement se servir du jeu vidéo pour enseigner sous un format ludique. Tout simplement à cause de trop de facteurs dont il serait inutile de détailler ici (trop long, pas l’endroit pour non plus).
    Evidemment c’est un plus si bien utilisé, comme le suggère l’utilisation vis à vis de l’enseignement dans les vidéos. Ce qui me fait peur ça serait de tendre vers une société où l’enseignant aurait besoin d’avoir ce genre de support pour transmettre le message du cours, car les élèves seraient incapables de ce concentré suffisamment pour capter les idées clés.

    Après, ce genre de discours que je tiens dans le paragraphe au dessus repose sur ma crainte grandissante du danger de la télévision (1)[Et qui va grandissant: chaque année, le temps moyen passé devant la tv augmente], de l’abaissement du débat politique global (2)[Qui ne se concentre déjà plus que sur l’esthétique plutôt que sur les questions de fonds], du regards de l’opinion publique à ne s’intéresser qu’aux sujets purement national/avec un point de vue trop régional sur presque tous les sujets(3)[Sur 100 personnes, combien lisent/regardent un média US/Asie/Afrique/International en plus de son média français de référence?: Reddit:Worldnews, Theguardian, BBC, Foxnews(xD)]. L’élève baigne dans cet environnement, et il se conditionne à s’y adapter sans forcément prendre conscience de ce qu’il pourrait obtenir, ce qui signifie: oui, le niveau culturel moyen de notre population va grandissant, mais s’uniformise, et au final s’ancre dans une obstination néfaste, autrement dit, une émergence d’une stupidité de masse. Enfin osef, c’est pas le débat.

    Bien joué, je suis convaincu par tes vidéos, d’autres! Please

  8. ShikaDh mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

    Vivent les profs gamers qui essaient de mélanger leurs passions aux profits de l’éducation ! Enseignant en élémentaire (et même en maternelle cette année…), je ne peux qu’être d’accord sur le principe ! Pour la mise en application, je n’en suis qu’aux balbutiements (et le lien me semble pour l’instant plus évident avec les jeux de sociétés, mais je suis persuadé que le jeu vidéo doit également trouver sa place), mais ça fait plaisir de voir qu’on est pas le seul à essayer de transmettre des savoirs, savoirs-faire, savoirs vivre, de manière ludique ! Toute façon, on ne peut espérer trouver une méthodologie si l’on n’expérimente pas un minimum dans nos pratiques !

  9. Quentin mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

    Prof d’histoire et français, j’ai étudié Journey et Limbo avec mes élèves de 1e, c’était une expérience intéressante ! On se demandait comment on peut transmettre des messages forts sans texte ni parole.

    • Romain Vincent samedi - 19 / 09 / 2015 Répondre

      Bonjour, ton expérience m’intéresse ! Peux-tu me contacter via Twitter (@RomainHG) , merci d’avance !

      • Quentin dimanche - 20 / 09 / 2015 Répondre

        Je ne vais pratiquement jamais sur Twitter que je maîtrise mal 🙁
        On peut voir par Facebook ou par mail ? Ou au pire des cas j’essaye de voir comment fonctionne Twitter.

        Par contre, comme tu l’as dit dans une te des vidéos, l’interaction avec les élèves était faible puisque je me suis contenté de leur montrer des vidéos du jeu, sans que les élèves ne touchent une manette (ce qui serait extrêmement compliqué voire impossible).

        Pour info, c’est au programme de bac pro en 1e, sur « du côte de l’imaginaire ».

        Encore bravo pour tes travaux que je suis en train de découvrir, c’est fantastique pour un passionné de jeux vidéo comme moi.

  10. doudoudou mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

    En plus de ton travail que je trouve remarquable, d’une qualité de montage et de clarté, je salue bien bas le choix des bande-son de tes vidéos, et surtout l’usage de la BO d’alien 3 sur megadrive. Je me sens moins seul 😀

    Bienvenue sur Nesblog, j’ai hâte d’entendre parler de nouveau de toi.

  11. mouhahahaha mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

    en voyant ca, je reprend confiance en l’éducation national, pas parceque c’est des jeux vidéos mais parce que ils y à des profs qui donnent du leur pour la faire évoluer.
    Continue comme ca j’attend t’es articles suivant avec impatience.

    • Romain Vincent samedi - 19 / 09 / 2015 Répondre

      Merci beaucoup !

  12. GuildRx mercredi - 16 / 09 / 2015 Répondre

    Ah, les amis, voilà quelque chose que j’aurai voulu avoir en mon temps malgré une technologie qui ne s’y prêtait pas.

    Trêve de babillage, bien que je trouve ça cool et important d’adapter les cours au profil d’élèves actuels (parce qu’il faut le reconnaitre, le monde est en constante évolution et que les meurs ne sont plus les même qu’il y a 10 ans déjà), ce qui m’amuserais, ce serait de voir comment, dans dix ou vingt ans, ces élèves pourraient se rappeler de ces modules, ces ateliers…

    Petite question les jeux de gestion historiques comme Ceasar ou Pharaon seraient-il exploitables en ateliers d’après vous ?

    • Romain Vincent samedi - 19 / 09 / 2015 Répondre

      Merci pour votre commentaire.

      Au niveau du gameplay, les jeux de gestion sont intéressants à utiliser, car plutôt simples d’accès.
      J’ai quelques vagues souvenirs de Pharaon, mais la place dédiée à l’Egypte Ancienne est minuscule…

  13. bart jeudi - 17 / 09 / 2015 Répondre

    « pénalisé par l’échec », et non « pénaliser ». Pardon… Sinon très bon sujet, bien amené, beau projet. Un de mes amis travaillait dans le social, et utilisait les jeux de versus (notamment SFIV) pour élaguer les rapports humains entre jeunes défavorisés et obtenait lui aussi des résultats encourageants.

  14. PIPOUÏC jeudi - 17 / 09 / 2015 Répondre

    Cela fait plaisir de voir les deux sujets se rencontrer « JV » et « Enseignement », et surtout de pouvoir discuter des questions que cela soulève.
    Merci

  15. Neyma jeudi - 17 / 09 / 2015 Répondre

    Superbe projet qui rendrait presque jaloux les élèves qui croisent les professeurs que l’on aurait voulu avoir ^^

    Ce que l’on apprend dans un jeux vidéo reste et pousser parfois à s’intéresser à des sujets vers lesquels on ne serait pas allé de prime abord. Bien que je ne sois pas féru d’histoire, avoir joué à Age of Empire 1 et 2 m’a donné envie de pousser plus loin ce qui y était mentionné.

    Bref merci et bonne continuation !

  16. huttfactory samedi - 19 / 09 / 2015 Répondre

    Bonjour,

    étant enseignant (aussi, également) en Histoire-Géographie (aussi, également) dans l’académie de Créteil (aussi, également) et très grand amateur d’objets ludiques (jeux vidéos, jeux de plateaux ou jeux de rôle) j’ai un avis très tranché sur la question.
    Premièrement je n’attaque ni l’auteur de l’article ni sa démarche, il est très courageux, surement louable, de vouloir faire entrer le jv en classe. Néanmoins en ce qui me concerne, associer pédagogique/didactique et ludique est un vieux marronnier et une mission impossible. Non pas que le ludique soit entièrement fermé à la démarche du professeur (pas seulement d’HG). Premièrement très peu d’établissement possèdent l’équipement et le référent informatique suffisants pour mener des projets de ce type. Deuxièmement le Jeux Vidéo traîne un certains nombre de tares (exagération, primat de l’action et du divertissement, raccourci scénaristique voire mensonge) qui annule pratiquement l’intérêt de l’utilisation en classe. Enfin, troisièmement, tout une gamme de démarche en Histoire et en Géographie n’est pas proposable via un jeux vidéo, alors que sur une même séance un autre support aurait pu le faire.
    Par exemple, faire jouer des sixièmes à SimCity (et ça dépend quels sixièmes hein) n’est pas une démarche d’aménagement et d’habiter. SimCity est un tycoon, c’est un gameplay de gestion/optimisation dans un espace virtuel aux contraintes codifiées. La bonne vieille sortie dans la ville d’à côté, bien ennuyeuse et bien ringarde, ou un dossier documentaire, sont malheureusement irremplaçable en ce domaine, du moins si on veut sauvegarder un peu de rigueur géographique.

    Une fois de plus ceci n’est qu’une opinion, je n’attaque pas l’auteur qui a bien raison de faire des essais comparés à d’autres (moi le premier) qui n’en font pas. De même (je suis jeune prof) je suis entièrement ouvert et militant sur les nouvelles technologies, et mon opinion n’est pas une puante réaction anti-nouveauté. Je suis fan de jeux vidéos, jeux de plateau, jeux de rôles, et je suis, malheureusement, le premier à dire qu’il est bien difficile, voire contre-indiqué, de les faire entrer à l’école.

    • Romain Vincent samedi - 19 / 09 / 2015 Répondre

      Bonjour,

      ne t’inquiète pas, je ne me sens pas du tout attaqué, ton commentaire est même très intéressant et on se rejoint globalement.

      Je pointe d’ailleurs une grande partie de ces difficultés dans les vidéos  » JVH en classe : Sim City et  » JVH en classe : le cas Assassin’s Creed ».

      1 – Evidemment, le matériel reste l’un des gros obstacles de cette problématique, et je ne suis pas vraiment dans un établissement favorisé à ce niveau (Salle info avec 14 postes), mais je me doute qu’il y a bien « pire ».

      2 – Ce point permettrait une « éducation aux médias » au contraire. Il me semble important de décrypter, avec les élèves, les écarts avec la réalité.

      3 – Tu n’as peut être pas vu ma vidéo sur Sim City mais je réitère : la séance avec ce jeu n’était pas la seule du chapitre. Bien évidemment, nous avons étudié la ville américaine en classe, documents à l’appui. Je pense qu’ils ont bien compris la limite du jeu, en le pratiquant justement, nous sommes revenu avec en classe.
      Ma prochaine séance vidéoludique comportera d’ailleurs une partie « Confrontation jeux vidéo/documents d’époque ». Je posterai le tout ici.
      Un jeu vidéo ne peut remplacer un cours ! Je suis loin d’être un apôtre du numérique, et j’aime mener le cours devant mes élèves.

      En tout cas, merci pour ce commentaire.

  17. teks mercredi - 23 / 09 / 2015 Répondre

    Salut ! Je salut l’initiative. Ça doit clairement pas être simple à mettre en oeuvre et tu as de la chance, ou beaucoup de persuasion, d’être soutenu dans ce type de projet par ta hiérarchie.
    Perso je ne suis pas prof, mais éducateur dans un foyer de l’enfance. J’y côtoie donc principalement des gamins en difficulté scolaire. A ce titre, je me coltine tout les jours les devoirs à faire faire aux gosses (ma vie est horrible).
    Je suis l’éducateur de l’équipe que les gamins sollicitent le plus pour cette corvée, car selon eux : « c’est plus sympa avec moi ». Evidemment, je suis le seul gamer de l’équipe… J’ai donc fait découvrir à un fan de pokemon qu’il savait faire des calculs complexes qu’il n’apprendrait en classe que trois ans plus tard.
    J’avais moi-même développé une véritable phobie des maths étant gamins, avant de découvrir, à l’age de 20 ans, les jeux de plateau, les jeux de hasards etc (le bonheur des stats !).
    Je sais que les profs se prennent vraiment la tête pour trouver des méthodes pédagogiques qui captent l’attention. Je pense que la seule chose qui fonctionne vraiment, c’est d’avoir un prof passionné. Si tes élèves sont réceptifs, c’est que tu arrives à transmettre ton propre intérêt au travers de ce support particulier. Refile ta méthode a madame trucmuche, ce sera peut être un carnage.

    Il faut arrêter d’opposer « ludique » et « effort ». Je suis le premier a dire que c’est primordial que les jeunes apprennent la rigueur du travail. Mais parfois, jouer demande de la rigueur, de la patience et beaucoup d’efforts. Tout est question d’objectifs. Pour beaucoup de gamins, le seul objectif de l’école, c’est de les faire chier. Et c’est pas en leur disant le contraire qu’ils vont changer d’avis. Il faut leur prouver le contraire.

  18. Greensage mercredi - 23 / 09 / 2015 Répondre

    à Teks,

     » Je pense que la seule chose qui fonctionne vraiment, c’est d’avoir un prof passionné.  »

    Nous sommes d’accord !

     » Il faut arrêter d’opposer « ludique » et « effort ». Je suis le premier a dire que c’est primordial que les jeunes apprennent la rigueur du travail. Mais parfois, jouer demande de la rigueur, de la patience et beaucoup d’efforts.  »

    En supposant que tu te réfères aux discussions précédentes, c’est moins l’opposition du ludique à l’effort que celle du ludique au travail qui était discutée.
    Comme tu le dis bien, le jeu revête des aspects d’efforts et de rigueur car il faut d’une part mobiliser ses capacités, et d’autre part bien les appliquer pour  » surmonter les obstacles « , en général, dans le jeu. Un effort fait dans un jeu se situe toujours dans un cadre plaisant. Et ce que l’on peut redouter, c’est que l’on apprenne de moins en moins à faire des efforts dans un cadre déplaisant (en l’absence de plaisir, mais pas en présence de répulsion) que l’on définirait comme travail, comme apprendre à faire des lectures pas joyeuses joyeuses qui demandent des efforts mais qui, à la fin, seront utiles.
    On pourrait légitimement dire  » mais si on peut tout faire via des support agréables, pourquoi s’en priver ?  » c’est à première vue une bonne idée, mais à y réfléchir, cela peut tout aussi bien rendre encore plus désagréables les supports qui le sont déjà, par effet de contraste (une personne rentrant chez elle après le travail s’habituera plus à un exutoire comme la télévision plutôt que d’une lecture quelconque, par le simple fait que la télévision existe chez elle, alors que sans, il y a plus de probabilité qu’elle aurait lu). Je ne rajouterais pas d’autres arguments sur ce point.
    Pour autant, les tâches qui régissent notre société ne sont pas des jeux. Dans ce cas, comment accomoder de nouveaux individus à ces tâches fastidieuses, sans les entraîner quand ils sont jeunes à appréhender ces cadres « déplaisants » ? Je ne vois pour l’instant pas de solution.
    Et ce basculement des effets avec le ludique ne se fait pas du jour au lendemain, mais petit à petit, donc forcément on peut comprendre que la plupart ne s’en inquiète pas.
    Enfin, on peut se demander, quels sont les jeunes qui risquent d’en pâtir ? Je pense que ce sont les plus défavorisés qui en pâtiront, pendant que les plus favorisés auront une forme de « remédiation » au travail par leurs parents, l’aide aux devoirs à domicile, etc.

     » Et c’est pas en leur disant le contraire qu’ils vont changer d’avis. Il faut leur prouver le contraire. »

    Je vais faire une analogie caricaturale pour montrer un problème :

    Prenons la Justice. Estimons que la justice fait des jugements. Certaines personnes pourraient très bien voir cela comme des punitions plutôt que comme des jugements. Dans ce cas, faut-il que la justice commence à faire autre chose que des jugements pour montrer qu’il n’y a pas de volonté de punir ?

    Ici, un peu de la même manière, ce n’est pas parce que des élèves (d’ailleurs il est intéressant de savoir ce qu’ils disent) interprètent cela comme  » le but, c’est de nous faire chier  » qu’il faut arrêter la mission éducative pour prouver que ce n’est pas pour les embêter.
    Au contraire, le plus constructeur je pense et qu’il faut essayer de leur apprendre à voir les autres interprétations. En leur expliquant.

  19. teks jeudi - 24 / 09 / 2015 Répondre

    Le discours que tu tiens (« …que l’on apprenne de moins en moins à faire des efforts dans un cadre déplaisant… ») et que l’on entend très souvent, j’avoue avoir du mal à l’entendre. C’est clairement du au fait que je côtoie au boulot des jeunes qui ont largement eu leur lot de « déplaisant ». Mon avis est donc clairement biaisé sur ce sujet.
    Mais malheureusement, vu le climat social de notre pays, la misère sociale devenant la norme, j’ai le sentiment que de plus en plus de gamins n’ont pas « besoin » que l’école soit déplaisante par essence. La vie de famille, le cadre de vie, etc, se chargent largement de leur rappeler que la vie, c’est pas Byzance.

    Quand au dernier point (dire, prouver, expliquer), en gros on dit la même chose. Prouver c’est expliquer. Je questionne plutôt ici la place du prof, et de l’adulte en général. Il ne suffit pas d’être adulte pour être entendu. Et en un sens, c’est un progrès (dont je me passerais bien de temps en temps au taf). Il est primordial d’apporter du concret, des réponses, des exemples aux questions de l’élève. « Ca te servira plus tard » n’est pas une réponse que l’ado peut entendre. Faudrait se faire chier maintenant en classe pour pouvoir se faire chier plus tard à réutiliser ces conneries ? Non merci.

    Quand le présent est nul à chier, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de dire aux gens : « attention, le futur sera difficile ». C’est une évidence. En revanche, rendre le présent un peu plus cool, ça aide se projeter dans un futur moins pourri.

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